Dutroux vu par sa mère

Faits divers

M. Ka.

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Dutroux vu par sa mère
© Belga
Dans ses auditions devant les enquêteurs, Jeanine Lauwens décrit un fils indiscipliné, insensible et vénal

NEUFCHATEAU Aujourd'hui âgée de 68 ans, Jeanine Lauwens, la mère de Marc Dutroux a été à de nombreuses reprises convoquée par les enquêteurs de Neufchateau. Des enquêteurs face auxquels elle dresse un portrait plutôt sombre de son fils aîné d'une famille de 5 enfants.

Institutrice de formation, Jeanine a rencontré Victor Dutroux en 1956 à Bruxelles. Dès le début de leur liaison, elle tombe enceinte. «Marc n'était pas un enfant désiré», explique-t-elle. Qu'à cela ne tienne, les événements s'enchaînent, mariage, naissance et puis exil au Burundi durant quatre ans. Victor Dutroux «était fort porté sur les femmes». De retour en Belgique, Marc Dutroux suivra une scolarité primaire «normale». Pourtant, Dutroux est qualifié d'indiscipliné et «d'insupportable» par les enseignants.

Une indiscipline qui ne va aller qu'en s'aggravant. Son cursus secondaire s'est soldé par une quantité assez impressionnante de renvois et d'échecs. D'abord à Morlanwelz «suite à de nombreux problèmes d'indiscipline» et ensuite à Fleurus où il «se montrait insolent à l'égard des professeurs». Les problèmes ont continué à Charleroi où il «a gardé pour lui les bénéfices d'objets vendus pour le compte de l'école». Enfin, à Nivelles où il a obtenu son diplôme, on n'a plus voulu de lui car «il vendait des photos osées à un élève de l'internat».

D'un point de vue sexuel, Jeanine Lauwens est formelle: «Victor n'a jamais eu d'attitude inconvenante vis-à-vis de Marc (...) Jusqu'à l'âge de 18 ans, il n'a jamais fait preuve d'une attirance particulière pour les femmes». Plus loin, elle explique que son fils «donnait l'impression qu'il pensait qu'une femme était un objet que l'on couche sur un lit».

Dès sa majorité acquise, Dutroux a quitté le nid familial pour s'installer dans un kot à Gosselies. A cette époque, Jeanine apprend que «Marc vivait dans un milieu homosexuel. Pour ma part, je n'ai jamais pensé qu'il pouvait être effectivement homosexuel».

Et de fait, deux ans plus tard, Dutroux se marie une première fois avec une jeune fille de 17 ans. Après quelques années de mariage, ils divorceront et Dutroux expliquera à sa mère que «je l'ai refilée à un ami parce qu'elle ne me convenait plus».

Et Dutroux de préciser à sa mère «que cette fois, il avait trouvé la femme de sa vie». Il parlait de Michelle Martin bien sûr. Une femme décrite par sa belle-mère comme «parlant peu».

Un père au comportement bizarre

GAND Victor Dutroux est un individu pour le moins particulier. En effet, la liste de ses adresses connues est au moins longue comme le bras. Le localiser n'a pas été chose aisée. L'écouter encore moins. S'il s'est présenté de lui-même devant les gendarmes de la BSR à l'époque, ces auditions étaient pour le moins décousues. Et bien qu'il ne semblât ni sous l'emprise de l'alcool, ni sous celle d'une drogue ou de médicaments, il sautait du coq à l'âne, écrivant des réponses sans queue ni tête.

Vivant aujourd'hui à Gand, son apport à l'enquête a été pour le moins limité.

Tout ce qu'on retiendra de ses auditions est le fait qu'il est persuadé que ses fils ont jeté une voiture dans un canal. Une voiture dans laquelle il y aurait eu un cadavre et des armes. Bien évidemment, on ne trouvera jamais aucune trace dudit véhicule. Le père Dutroux a toujours eu de nombreux troubles psychiatriques. A une époque, il a même été colloqué.



© La Dernière Heure 2003

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