Faits divers Caroline a dû euthanasier son chiot, l’Afsca estimant qu’il y avait risque de rage.

Un coup de foudre. Voilà comment Caroline décrit sa rencontre avec ce croisé Sloughi, un chiot avec qui cette Belge a fait connaissance en bord de mer à Agadir, ville touristique marocaine. C’était en ce mois de novembre. Mais la belle histoire a viré au cauchemar pour Caroline, contrainte d’euthanasier son nouvel animal de compagnie.

"Nous étions en vacances dans un hôtel all in d’Agadir. Ce chiot se promenait sur la place. J’ai tout de suite craqué pour son regard attendrissant. Mon fils de deux ans l’a immédiatement adopté. Nous ne pouvions plus nous en séparer. Nous avons même fait appel à un vétérinaire sur place pour qu’il consulte le chien, à l’hôtel. Nous lui avons alors exprimé notre intention de ramener l’animal avec nous à la maison. Il a dit qu’un carnet de santé en ordre et un vaccin suffiraient pour ramener l’animal vers la Belgique", affirme Caroline.

Le 6 novembre sonne la fin des vacances pour cette famille wallonne mais aussi le début d’une nouvelle aventure avec ce chiot que Caroline choisira de prénommer Tafouk, en référence au soleil.

"Nous avons acheté une cage à Agadir pour pouvoir ramener Tafouk dans l’avion. Une fois arrivés à l’aéroport de Zaventem, nous pensions être soumis à un contrôle mais ce ne fut pas le cas. Nous sommes passés avec le chien sans aucun problème. Pour nous, il n’y avait dès lors plus de raison de s’inquiéter."

Une fois de retour à la maison, Caroline décide tout de même d’emmener son nouvel animal de compagnie chez un vétérinaire, histoire d’effectuer un petit bilan de santé du chiot marocain.

"Le vétérinaire a immédiatement alerté l’Afsca. Résultat : j’ai reçu une visite à domicile de deux employés de l’agence qui m’ont dit que mon chien allait probablement devoir être euthanasié. Trois heures plus tard, le verdict tombait : Tafouk devait être tué, selon l’Afsca, parce que le risque de rage était trop important étant donné que nous avons ramené le chiot de l’étranger."

Une décision qui ne passe pas aux yeux de Caroline, estimant qu’il faudrait impérativement mettre en place, comme c’est le cas en France, un centre de quarantaine pour les animaux jugés à risque. "À l’Institut Pasteur, chargé d’autopsier ces animaux euthanasiés pour vérifier s’ils étaient effectivement porteurs de la rage, on m’assure que, dans 99 % des cas, il n’en est rien. Je peux comprendre que l’Afsca se montre prudente. Ce que je n’accepte pas, c’est qu’on soit aussi catégorique, en optant si vite pour l’euthanasie. En plaçant les animaux en quarantaine, on éviterait des drames pour les familles qui s’attachent à ces bêtes."

Depuis le début de cette année, l’Afsca a ordonné l’euthanasie d’une vingtaine de chiens arrivés illégalement sur le territoire belge.