Manager de la sécurité depuis près de 20 ans, Étienne a perdu son job suite à la diffusion de propos tendancieux sur Facebook.

Exprimer certaines opinions sur les réseaux sociaux peut parfois vous coûter très cher. C’est ce qu’Étienne vient d’apprendre à ses dépens. Vendredi, cet employé de la Stib a été licencié en raison de ses nombreuses déclarations et publications à caractère raciste.

Engagé en 1997 par la société des transports bruxellois où il dirigeait des agents de prévention et de sécurité, cet habitant du Brabant wallon aimait visiblement beaucoup s’afficher en tenue de travail sur son profil Facebook. Sur certains clichés, il pose fièrement devant sa voiture de fonction avec son gilet pare-couteaux et affublé de lunettes de soleil. Et de jouer au cow-boy : "Aujourd’hui, je bosse à l’ancienne… Une claque puis on discute !!! Marre d’être insulté à longueur de journée ! ", déclarait-il ainsi en mars.

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Ces photos ne lui auraient sans doute posé aucun souci au niveau professionnel si elles n’avaient pas été mêlées à un flux d’autres publications des plus tendancieuses. Le plus souvent, Étienne partageait des articles de presse ayant trait à la communauté musulmane en les agrémentant de commentaires injurieux du style : "Va te faire enculer avec ton ramadan, on ne t’oblige pas…"

En mai dernier, il avait également partagé ce texte islamophobe : "Nos grands-parents se sont battus afin que nous ne soyons pas allemands... Battons-nous pour ne pas devenir arabes !" Un message qui a particulièrement heurté ses collègues originaires des pays du Maghreb. 

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"Être comparé aux nazis, c’est vraiment blessant et inacceptable", nous a confié l’un d’eux. "De façon plus générale, il n’est pas normal pour un agent de sécurité censé encourager le vivre-ensemble de sans cesse diffuser des messages qui incitent à la haine et à la violence."

La semaine dernière, plusieurs agents ont donc décidé de dénoncer Étienne auprès de la direction. "Qu’il soit raciste, c’est sa vie et on s’en fiche. Mais le problème, c’est qu’il est directement identifiable en tant qu’agent de la Stib. Il y avait dès lors un risque pour nous de devenir la cible de terroristes fâchés par ses propos!", expliquent d’autres collègues.

La direction de la Stib n’a pas pris l’affaire à la légère. Lundi, Étienne a été auditionné une première fois avant d’être reçu une nouvelle fois hier par sa hiérarchie et le directeur des ressources humaines qui ont pris la décision de le licencier.

"La Stib attache une extrême importance aux principes de respect et de tolérance mutuelle. Notre code de déontologie et d’éthique le stipule d’ailleurs clairement. Dans sa fonction de proximity manager, il était amené à encadrer des personnes issues de communautés différentes, ce qui rend les choses encore plus graves. Vu son lien hiérarchique, il était censé donner l’exemple", commente la porte-parole de la Stib Françoise Ledune.

Nous avons tenté de donner la parole au principal intéressé, qui n’a pas souhaité s’étendre sur le sujet. "Ce ne sont que des ragots diffusés par certains agents. Mes propos ne concernaient que les terroristes", a-t-il laconiquement commenté.