Ce jeudi 15 avril, Déborah va porter plainte au commissariat de St Pieters Leeuw. Depuis plusieurs années, un conflit l’oppose à ces voisins. Si au départ, ce n’était pas grand-chose, l’affaire a pris de plus en plus d’ampleur jusqu’à l’incident de trop, la semaine dernière.

Le week-end dernier, le voisin du rez-de-chaussé a complétement dérapé, à cause d’un différend sur les objets entreposés dans le hall d’entrée de l’immeuble. Déborah a filmé la scène: on y voit le voisin jeter plusieurs fois un vélo contre le mur avant de proférer des insultes racistes : ”Macaque” peut-on l'entendre hurler à l’intention de la famille.


“Il m’a également dit: sale nègre. C’est pour ça que je veux porter plainte. Il ne faut pas se laisser faire face aux insultes racistes et qu’ils comprennent que ça ne peut pas continuer” confie Déborah.

Dans la cage d'escaliers de l'immeuble, nous croisons le voisin en question: G.N. Il ne nie pas les insultes racistes et tente de se justifier en déclarant: "être à bout et sous traitement anti-dépresseur".

Pour comprendre le différent qui oppose ces deux familles, il faut remonter un peu en arrière. En 2016, Déborah emménage avec sa mère, ses frères et sa fille, au premier étage de ce petit immeuble de la périphérie Bruxelloise. Un an plus tard, un couple avec deux enfants s’installe au rez-de-chaussé. Au début tout va bien entre les deux familles: " Ils venaient prendre le café “ se souvient Déborah. Au bout d’un moment, le couple commence à se plaindre du bruit:” Parfois ils avaient raison alors on a fait attention. On s’excusait, mais à partir d’un moment, ils ont complètement exagéré. Le fait même de marcher ça les dérangeaient” affirme t-elle.

À partir de ce moment, les relations se tendent:“ le maître-mot c’était attention les voisins“ raconte Déborah. En 2019, Elle passe une commande pour des chaussures sur un site marchand. Elle attend plusieurs jours la commande mais celle-ci n’arrive pas. Le site lui confirme pourtant que son colis est bien arrivée. Puis, elle contacte le facteur qui affirme avoir bien remis la commande à une personne de l’immeuble. Sachant qu’il n’y a qu’elle, sa famille et le couple, Déborah suspecte ses voisins d’avoir volé ses chaussures. Nous avons questionné G.N. à ce sujet, mais celui-ci nie les faits

À la suite de quoi, Déborah se rend au commissariat pour porter plainte. Et là surprise ! Elle apprend qu’un signalement à son nom a été fait car elle n’a pas répondu à trois convocations de la police. Celles-ci ont été envoyées par voie postale. Mais Déborah affirme n’avoir rien reçu." Ces courriers concernaient justement des plaintes émises par les voisins au sujet du bruit.

Depuis, Déborah maintient que ses voisins continuent de voler son courrier : ”On ne reçoit plus nos factures. La dernière fois, ma mère n'a pas reçu ses codes bancaires” affirme t-elle. Mais rien n’arrête le conflit :”Pendant le confinement, ils ont littéralement pété un câble avec des insultes racistes”. La jeune femme a filmé la scène pour la diffuser sur les réseaux sociaux. On n’y voit la voisine insulter le frère de Déborah, mimer le geste de la prière musulmane et proférer des insultes racistes.

Aujourd'hui la situation est intenable dans l'immeuble. Tout le monde s'ignore. Quand elle sort de chez elle, Déborah essaye d’éviter ses voisins: “Je panique. Je me dis: qu’est ce qu’ils vont faire”. Il suffit d'une étincelle pour que la cage d'escalier se transforme en brasier.


Les deux familles ont porté plainte plusieurs fois à la police. Les tentatives de conciliations et de médiations ont échoué. C'est pour ça que Déborah a publié les vidéos sur les réseaux sociaux: "C'était un coup de gueule, on n'en peut plus". Les voisins du rez-de-chaussée se déclarent également à bout.