Ce qu’Alexis Deswaef président de la Ligue des droits de l’Homme savait et s’est bien gardé de dire.

C’est peu dire que le commissaire Vandersmissen de la zone Bruxelles-Ixelles est pointé du doigt après l’interpellation samedi dernier devant la Bourse d’une centaine de manifestants antifascistes dont l’avocat et président de la Ligue des Droits de l’Homme Alexis Deswaef.

Dans la polémique, il a été affirmé que le Monsieur Manifs de PolBru avait déjà été décrié autrefois pour ses méthodes.

Et c’est ainsi qu’il est répété en boucle que le commissaire a fait l’objet de plaintes comme celle déposée en 2012 pour traitement dégradant, abus d’autorité et racisme, après une manifestation de Congolais devant la Bourse le 4 janvier.

Tout cela est fort juste. Sauf que…

Sauf que le commissaire et les six collègues mis en cause ont tous bénéficié d’un non-lieu, le 24 novembre 2015.

Le pire : Me Alexis Deswaef le sait très bien.

C’est lui qui défendait les sept Congolais qui avaient déposé plainte.

"Pas la moindre charge" (à charge du commissaire Vandersmissen et des six collègues) : sévère pour les clients de Me Alexis Deswaef, la justice condamnait ceux-ci aussi à indemniser les policiers des frais de procédure.

Et Me Deswaef s’est incliné : ses clients n’ont même pas interjeté appel.

Racisme, abus d’autorité et traitement dégradant ?

Prononcée à huis clos, une décision de chambre du conseil n’est pas destinée à être rendue publique.

La DH a pu se la procurer.

Si l’on parle des méthodes du commissaire Vandersmissen, voilà ce qu’il eut été correct de préciser.

Abus d’autorité ? "Il n’existe pas la moindre charge."

Usage illégitime de la violence ?

"L’usage de la force déployée a poursuivi un but légitime de mettre fin au rassemblement de fait non autorisé de manifestants. La force n’a été utilisée que comme moyen ultime; son usage a été opportun, raisonnable et proportionné."

Traitement dégradant ?

"La chambre du conseil cherche en vain ce qui, dans le comportement (du commissaire Vandersmissen et de ses collègues) serait constitutif des éléments de cette infraction."

Atteinte arbitraire au droit constitutionnel de manifester ?

"Il n’existe pas la moindre charge".

Racisme, discrimination et/ou acte inspiré par le racisme ou la xénophobie ?

"Les seules injures proférées l’ont été par certaines parties civiles (clients de Me Deswaef) à l’égard des forces de l’ordre."

Me Deswaef avait fait verser au dossier une vidéo de 45 minutes intitulée : "Terrible répression policière à Bruxelles, le drame est arrivé, une femme est dans le coma".

Loin d’entraîner la condamnation du commissaire Vandersmissen comme l’espéraient Me Deswaef et ses clients, la vidéo a contribué au non-lieu total de Monsieur Manif.

"Les images n’ont révélé nullement que (le policier et ses collègues) se seraient laissés aller à des propos ou des comportements injurieux ou racistes, les seules injures ayant été proférées par certains manifestants congolais à l’égard des forces de l’ordre."

Le Conseil de déontologie journalistique a constaté des fautes déontologiques dans cet article. Son avis peut être consulté ici.