La police antiterroriste a enquêté à Roulers et Charleroi sur des réfugiés provenant de Mossoul et Bagdad.

La section antiterroriste a procédé, hier, à plusieurs perquisitions en Flandre et dans la région de Charleroi.

Ordonnées par un juge carolo, elles visaient au démantèlement d’une filière présumée d’une demi-douzaine de migrants irakiens (tous originaires de Bagdad et Mossoul) suspectés par la police fédérale d’être en lien avec l’État Islamique.

Arrivés séparément en Belgique, par des moyens et à des dates différents, les candidats réfugiés ont dissimulé qu’ils se connaissaient depuis l’Irak et qu’ils appartenaient tous à un groupe proche de Daech dont ils partagent l’idéologie et les objectifs.

Ils ont transité par divers centres Fedasil.

Le plan était qu’une femme vivant depuis toujours en Belgique les prendrait en charge à la sortie des centres d’accueil.

Cette femme a été identifiée : une dame habitant Charleroi, d’environ 40 ans et d’origine marocaine; et l’enquête a révélé qu’elle était en contact étroit avec un centre islamique ayant pignon sur rue à Verviers.

C’est l’objectif des perquisitions exécutées hier matin.

Le parquet avait confié l’instruction au juge antiterroriste de Charleroi Paul D’Hayer.

Un groupe créé en Irak d’une poignée de migrants pro-Daech a-t-il utilisé les filières légales du droit d’asile pour s’établir ni vu ni connu en Belgique ?

Grâce à cette filière, des Daechistes se seraient glissés dans la masse des réfugiés. Les contrôles habituels ne les auraient pas détectés.

Les migrants furent dispersés dans plusieurs centres d’accueil, dont celui de Charleroi.

C’est un migrant incarcéré à Jamioulx après un délit de droit commun qui a mis la puce à l’oreille des enquêteurs.

Des surveillants ont observé chez le détenu des comportements suspects. L’enquête a notamment montré qu’il recevait la visite d’une femme domiciliée à Charleroi.

Comment un réfugié de Mossoul, censé connaître personne en Belgique, pouvait-il la connaître ?

Les recherches ont alors montré que cette femme s’occupait aussi d’autres migrants provenant tous de Mossoul et Bagdad et qu’elle avait des contacts inhabituels avec un centre islamique connu à Verviers.

Elle prenait aussi toutes sortes de précautions pour dissimuler ses activités d’organisatrice. Il ne fallait visiblement pas que la police sache qu’elle véhiculait des gens à la sortie des centres d’accueil et leur procurait des logements et de l’argent.

Dans quel but ? C’est ce que le juge D’Hayer a voulu vérifier avec ces six perquisitions menées à Charleroi et au moins une en Flandre, à Roulers.

L’inquiétant, c’est que plusieurs cibles n’ont pas pu être trouvées et semblaient même hier s’être évaporées.

De savoir ces personnes dans la nature n’est pas fait pour rassurer les enquêteurs mais au contraire constitue plutôt pour eux un motif supplémentaire d’inquiétude.