Faits divers

Plusieurs wagons-citernes d'un train de marchandises ont explosé dans la nuit de vendredi à samedi. Dix-sept blessés et un mort dans l'accident

SCHELLEBELLE Dix-sept personnes ont été blessées et un seul décès est à déplorer après l'explosion de plusieurs wagons d'un train de marchandises à Wetteren, annonce le service de presse de la province de Flandre orientale dans un communiqué, contredisant ainsi l'information livrée un peu plus tôt par le gouverneur lors d'une conférence de presse. Les blessés ont été admis dans différents hôpitaux de Alost, Zottegem et Gand.

On ignore encore s'il y a un lien entre le décès et l'accident de train. On enquête à ce sujet, ressort-il du communiqué. On ignore également encore les causes de l'accident.

Il faut encore attendre pour savoir quand les riverains évacués pourront rentrer chez eux. Ils sont accueillis à Melle dans l'intervalle. Les maisons de repos et une clinique de Wetteren n'ont pas dû être évacuées. Les relevés effectués n'y montrent aucune trace toxique.

Il est demandé, par précaution, d'éteindre les systèmes de ventilation dans le centre de Wetteren, à Schellebelle et à Serskamp. L'eau courante n'étant pas reliée au système d'égouts, cela ne pose pas de problème pour la santé, précise le service de presse. Il est conseillé, préventivement, de ne pas consommer l'eau des puits ou des nappes phréatiques.

"Une erreur s'est produite à un aiguillage"

Le plan catastrophe provincial était toujours d'application samedi midi à la suite de l'explosion samedi matin de wagons d'un train de marchandises entre Schellebelle et Wetteren.

Le gouverneur de Flandre orientale Jan Briers estime que l'incendie contrôlé des wagons durera certainement jusque samedi soir. De l'eau provenant des opérations d'extinction et contenant des traces de substances toxiques s'est déversée dans les égouts. Les pompiers laissent brûler les wagons de manière contrôlée. C'est l'option la plus sécurisée car les opérations d'extinction pourraient dégager des vapeurs toxiques.

Une famille qui se trouvait dans le périmètre de 1.000 mètres autour de l'accident s'est sentie mal et a été transportée à l'hôpital. Il semble, selon le gouverneur, qu'il n'y ait pas de lien avec l'accident. Des mesures réalisées au-dessus du sol se sont entre-temps révélées négatives, également celles effectuées dans l'habitation de la famille.

Les pompiers ont cependant constaté que de l'eau provenant des opérations d'extinction et contenant des substances toxiques s'est déversée dans les égouts. "Les fumées sont heureusement plus lourdes que l'air et cela s'est limité aux égouts souterrains. Le mélange n'est pas explosif. Aquafin va arrêter la pompe à essence, après quoi les égouts seront nettoyés. Il n'y aucun danger pour la population et les animaux", a prévenu Jan Briers.

"Une erreur s'est produite à un aiguillage mais l'endroit où elle a eu lieu doit encore être étudié. Il y a de fortes indications que le conducteur néerlandais du train allemand de marchandises n'a commis aucune faute", poursuit le gouverneur. Le porte-parole d'Infrabel Frédéric Petit n'a pas voulu faire de commentaires sur la cause de l'accident. Infrabel estime que les perturbations du trafic ferroviaire dureront toute la semaine. Des navettes de trains et des bus ont été mis en place.

Deux personnes sont décédées et quatorze autres ont été emmenées à l'hôpital après l'explosion, a indiqué le gouverneur Jan Briers en fin d'après-midi. Une enquête est ouverte pour vérifier que les faits sont liés à la catastrophe ferroviaire.

Du cyanure s'échappait des wagons en feu

Six des treize wagons ont déraillé, deux se sont couchés et trois sont en feu mais l'incendie est sous contrôle. Les wagons en feu contiennent de l'acrylonitrile, une substance toxique, ont déclaré les pompiers. Du cyanure s'échappe des wagons en feu (les wagons un, deux et cinq), une substance cancérigène qui peut être absorbée dans le sang. Des équipes chargées de prendre des mesures des pompiers de Beveren sont sur place. Des kits anti-cyanures ont été prévus au cas où des personnes seraient intoxiquées.

Quelque 300 personnes ont été évacuées dans un rayon de 500 mètres autour des wagons vers deux endroits. Dans un rayon de 1.000 mètres, les personnes doivent garder portes et fenêtres fermées. C'est dans ce périmètre qu'on a retrouvé les quatorze blessés et les deux morts, selon le gouverneur. Une des victimes faisait partie d'une famille de cinq personnes, qui ont toutes été emmenées à l'hôpital. Le gouverneur a souligné qu'aucune valeur toxique n'a été relevée auprès des quatre autres membres de la famille. O

n ne peut donc pas encore faire de lien entre la catastrophe et le décès ou les intoxications. Un dégagement de fumée noire est visible de loin et se trouve au-dessus du village de Schellebelle et de Wichelen. Le SPF Santé publique est sur place. Deux riverains en état de choc ont été transportés à l'hôpital universitaire de Gand.

Deux autres wagons contiennent du butadiène, cinq sont vides et un transportait des métaux légers. Ce dernier n'est pas en feu. La Protection civile a mis en place une conduite à haute pression depuis l'Escaut à travers le centre de Wetteren jusqu'au lieu de la catastrophe.

L'accès à la commune est dès lors rendu difficile. Le commando provincial de la Défense s'est rendu sur place, tout comme la Protection civile et les sept corps de pompiers de la zone. Leur personnel porte des vêtements de protection. Le SPF Santé publique a réquisitionné dix ambulances. Un expert de BASF est également sur place pour fournir des avis.

Le comité de crise a décidé d'annuler toutes les activités extérieures dans une zone autour du centre de Wetteren. Des valeurs négatives ont par ailleurs été relevées lors du nettoyage des égouts où de l'eau provenant des opérations d'extinction s'est écoulée.

On pensait initialement que seuls les égouts contenaient des vapeurs toxiques qui provenaient de l'eau des opérations d'extinction. Afin d'évacuer les vapeurs des égouts, la station d'épuration a été arrêtée et les égouts nettoyés. Des mesures ont maintenant révélé des valeurs négatives en certains endroits au-dessus du sol.

L'incendie éteint, mais l'incident n'est pas terminé




Les pompiers sont parvenus samedi soir à éteindre le feu qui ravageait depuis la nuit plusieurs wagons du train de marchandises qui a déraillé à Schellebelle, a indiqué le service de presse le la province de Flandre orientale. Les riverains évacués ne pourront toutefois pas réintégrer leurs habitations ce samedi soir. Les services de secours avaient décidé de procéder à la combustion contrôlée du convoi chargé de produits chimiques. Le dernier wagon-réservoir en feu a été éteint aux alentours de 18h00. La cuve est toutefois toujours très chaude et doit être refroidie à l'aide d'un tapis de mousse.

Lorsque celui-ci sera refroidi, les services de secours pourront alors réévaluer le périmètre de sécurité établi autour du lieu de l'accident.
Les riverains évacués ne pourront en tout cas réintégrer leurs habitations ce samedi soir. Les habitants qui n'auront pas trouvé à se reloger chez des proches ou des amis seront hébergés dans une école de Wetteren où un repas chaud leur sera fourni.

La police surveille par ailleurs la zone évacuée pour prévenir tout vol dans les maisons.

Les habitants du centre de Wetteren, ainsi que des communes de Serskamp et Schellebelle sont, eux, toujours invités à rester à l'intérieur et à fermer toutes leurs portes et fenêtres.