Pour l’ASBL Child Focus, fondée en 1996 par le père de Julie, Jean-Denis Lejeune, en faveur des enfants disparus et sexuellement exploités, l’attraction à des figures criminelles, du grand banditisme par exemple, est un phénomène réel.

"Par rapport à Dutroux, je ne peux pas confirmer qu’il reçoit des courriers comme l’affirme Le Soir ", nuance Bélinda Noé, coordinatrice du département Exploitation sexuelle sur enfants pour Child Focus, "mais cela ne m’étonnerait pas que des enfants ou des adultes soient sous l’emprise de son image extrêmement forte."

"S’ils existent, ces jeunes ont un souci par rapport à leur vie et à leur image de la sexualité. Ils devraient être soutenus et encadrés, surtout s’ils sont dans un soutien actif de criminels ou de condamnés."

Comment expliquer une telle attraction ? "Marc Dutroux est associé à de la séquestration et à un cadre sexuel. Par rapport à la société, c’est le plus difficile à supporter. En soutenant ce qui est insupportable, cela peut être une façon de se révolter si le jeune n’a pas trouvé sa place ou s’il est stigmatisé, à l’école ou en famille."

Ce que Bélinda Noé craint, c’est avant tout une "emprise affective sur les jeunes, en particulier s’ils sont déjà victimes de carences affectives, avec une mère malade ou un père absent ou en prison. Cela arrive sur Internet et peut aussi avoir lieu par courrier si les échanges sont réguliers et sur le long terme. Les psychopathes savent quoi répondre : ils ont l’habitude de manipuler, et une intimité peut s’imposer peu à peu. Cela peut entraver la bonne évolution psychologique du jeune."