Le quartier du palais de Justice de Charleroi paralysé pendant une demi-journée

CHARLEROI Mardi matin, l'émoi était grand dans le haut de la métropole carolo à proximité du palais de justice de Charleroi où une camionnette piégée avait été découverte peu après 6 h 30. C'est en fait le mari de la concierge qui a le premier eu l'attention attirée par ce véhicule stationné près de l'entrée du palais et, coïncidence?, sous la 6e chambre correctionnelle. Immédiatement, il en a informé un membre de la police fédérale qui lui-même a donné l'alerte.

Vers 7 h, un premier périmètre de sécurité a été dressé aux abords immédiats du bâtiment. Au fur et à mesure que les informations relatives au contenu de la camionnette se faisaient plus précises, le périmètre s'est élargi, paralysant la moitié de la ville et causant d'importantes perturbations de circulation. Vers 8 h, une équipe du Service d'Enlèvement et de Destruction d'Engins explosifs, coordonnée par l'adjudant Luc Bodart, est arrivée sur les lieux, munis d'un petit robot spécialement étudié pour ce genre d'interventions. Les riverains ont été informés et invités à rester prudemment chez eux.

Au fil de leur travail, les démineurs de l'armée ont rencontré de multiples obstacles, rendant leur intervention toujours plus délicate. Alors qu'ils s'étaient préparés à quelques kilos d'explosifs, ce sont pas moins de 100 kilos que ceux-ci ont évalué à l'intérieur de l'habitacle. Des fils électriques identiques à ceux rencontrés couramment dans ces types d'engins étaient collés au pare-brise, dans les portières, au plafond et certaines étaient reliés à deux boîtés placées bien en vue sur les sièges. Les 100 kilos de poudre, qui se sont avérés plus tard être du sable, étaient suceptibles de pulvériser le tiers du palais de justice et de causer des dégâts dans les 350 mètres à la ronde.

Les autorités judiciaires ont donc pris très sérieux cette affaire qui n'a trouvé son heureux épilogue que vers 12 h 30. Le scénario mis au point par les auteurs de cette fausse bombe était en tout cas très élaboré. Habituellement, les alertes à la bombe tiennent en un coup de fil anonyme.

Cette nouvelle menace devrait encore accélérer le dossier relatif à la sécurisation du palais, dont le budget avoisinne les 95 millions. En attendant, l'enquête destinée à retrouver l'auteur de ce scénario catastrophe se poursuivra et l'on étudiera aussi quel était l'intérêt des malfrats à perturber tellement le bon déroulement des audiences et de la vie judiciaire en général.