Le frère des deux terroristes impliqués dans les attentats de Paris pourrait perdre son poste à l’administration communale.

L’avenir de Mohamed Abdeslam, le frère de Salah et Brahim Abdeslam, divise la majorité molenbeekoise (MR-CDH- Ecolo). Le frère aîné des deux terroristes impliqués dans les attentats du 13 novembre à Paris occupe un poste à l’administration communale, plus précisément au service des Étrangers.

D’après nos informations, la commune envisage sérieusement de mettre un terme à ce contrat, en raison de différents éléments qui auraient amené à une rupture de confiance.

Depuis quelques jours, le cas de Mohamed Abdeslam (NDLR : dont un frère est toujours en fuite, tandis que le deuxième s’est fait exploser le 13 novembre dernier) est devenu un dossier ultrasensible du côté de Molenbeek.

Si ce fonctionnaire communal était encore considéré, en novembre dernier, comme un bon travailleur par son employeur, et qu’il semblait apprécié par ses collègues, la situation semble avoir évolué en l’espace de deux mois.

C’est qu’en raison de ses liens familiaux, Mohamed Abdeslam, qui n’est pas impliqué dans les attentats de Paris, rappelons-le, a attiré l’attention des médias du monde entier. Certains se sont donc intéressés de plus près à ses antécédents judiciaires. Son implication dans l’affaire du gang des ambulanciers charognards, a ainsi été rapportée, en novembre, par la DH. Un dossier impliquant en 2005 une véritable filière de détrousseurs de cadavres dans la capitale.

À l’époque, Nathalie Gallant, son avocate, avait réagi en indiquant : "Mon client a été jugé par défaut. Il a encore la possibilité de faire opposition et reste donc présumé innocent. De plus, les faits remontent à plus de dix ans."

Du côté de la majorité molenbeekoise, certains estiment que la révélation de cette affaire a mis à mal la confiance entre l’employé. Depuis lors, certains articles faisant état de collègues inquiets à l’idée de voir Mohamed Abdeslam reprendre son poste à l’administration sont parus dans la presse. Pour rappel, depuis le début des événements, l’homme s’est mis en congé maladie, et n’est plus venu travailler.

Plus récemment, début décembre, certains médias ont fait savoir que Mohamed Abdeslam comptait ouvrir un bar lounge dans le centre de Herstal.

Un projet qui semble avoir été abandonné, mais qui a également fait froncer bien des sourcils du côté de Molenbeek. L’éventualité d’un licenciement a donc été abordée, lundi, lors d’une réunion du collège. "Toutes les options sont sur la table, mais rien n’a encore été tranché", nous dit-on.

Le dossier est pourtant d’autant plus urgent à trancher que l’employé molenbeekois n’était couvert par un certificat médical que jusqu’à vendredi dernier. L’aîné de la fratrie Abdeslam n’est donc plus couvert par un certificat. Il ne s’est pourtant pas présenté ce lundi à son poste.

Une absence qui pourrait d’une certaine manière avoir arrangé l’administration communale, qui ne sait pas vraiment quoi en faire. Une seule certitude : si Mohamed Abdeslam retravaille un jour à la commune de Molenbeek, il ne sera plus à un poste le mettant en contact avec le public.

Dans un sens ou dans l’autre, une décision devrait être prise dans les jours à venir.

De son côté, Nathalie Gallant, l’avocate de Mohamed Abdeslam, n’a pas pu être jointe ce lundi pour commenter l’information.