Une voiture sur deux est recalée au contrôle technique. Elle n’est pas conforme et dangereuse


Touring : "le concept du contrôle technique remis en question"


BRUXELLES “Ça fait 23 ans que je suis dans l’automobile et jamais je n’ai connu ça. C’est tout simplement une honte. Vous pouvez croire ça : les toutes nouvelles Fiat 500 sont invendables en occasion, elles ne passent pas au contrôle technique”, s’indigne Olivier Meskhi, le patron de Select Car à Waterloo.

Évidemment, cela mérite une explication et, hélas !, une confirmation du Goca, groupement des sociétés agrées de contrôle automobile et du permis de conduire !

Dès sa sortie fin 2007, cette petite italienne sympathique a immédiatement eu un succès commercial inouï. Il faut dire que son look est magnifique et son prix assez attractif, entre 14.000 et 20.000 euros. Mais bon, voilà… il y a un hic. Certains acheteurs du début ont décidé de se séparer de leur véhicule et se sont retrouvés avec un fameux problème : un refus au contrôle technique pour non-conformité au test d’adhérence à la route. Lors ce test, le véhicule est soumis à des vibrations sur un banc de suspension. Si tout va bien, le pneu doit rester en permanence en contact avec ce qui représente le sol. “Et c’est là qu’est le problème”, nous confirme Philippe Demeyer, responsable technique du Goca.

“Nous avons des critères stricts selon lesquels le résultat doit être d’au moins 20 %. Or on constate que sur certaines Fiat, mais pas toutes, et on ne comprend pas pourquoi d’ailleurs, le résultat est de 0,0 %. Donc que la roue n’a aucune adhérence.”

Et donc sur une vraie route, en cas de pluie par exemple, la Fiat 500 perd le contact avec le bitume ! “C’est du jamais vu. Et autant le dire, ce n’est pas bon du tout. C’est même très dangereux !”

Olivier Meskhi est donc bien embêté : “J’ai pour l’instant trois Fiat 500 d’occasion dans mon garage. Ce matin, je me suis présenté au contrôle technique avec une Fiat 500 de cette année qui a 13.000 kilomètres. Elle a été refusée !” explique Olivier.

Selon le Goca, c’est une Fiat 500 sur deux qui est recalée. “Nous avons avisé Fiat et le SPF Mobilité. Mais pour l’instant, il n’y a pas de solution. Chaque Fiat 500 est recensée et nous tenons des statistiques afin de comprendre ce qu’il se passe.”

Et pour l’instant, ce n’est qu’un début, car les occasions sont rares. “Dès qu’elles auront quatre ans, c’est-à-dire dans deux ans, les propriétaires vont vouloir les revendre. Elles devront donc passer, comme le veut la loi, au contrôle techn ique. Et elles seront refusées.”



© La Dernière Heure 2009