Le gendarme a fait feu en état de légitime défense

WOLUWE Hier, vers 5 h 45 du matin, à la hauteur du 167 avenue de Roodebeek, à Woluwe- Saint-Lambert, Olivier Loiselet, 33 ans, de Watermael-Boitsfort, brandissait une épée de croisé sur un gendarme de la brigade de Bruxelles. Le gendarme et ses collègues lui a crié à quatre reprises de déposer l'arme, dont la lame faisait à elle seule 84 centimètres.

Alors que Loiselet, n'obtempérant pas, allait assener l'arme pour fendre le crâne du gendarme, celui-ci, en légitime défense, a fait feu.

A une reprise l'info selon laquelle cinq coups de feu au total avaient été tirés est fausse dans la poitrine.

La balle, du 9 mm para, a perforé le foie. En fin de matinée, nous apprenions le décès d'Olivier Loiselet. Les cliniques universitaires Saint-Luc où il avait été admis dans un état désespéré n'avaient rien pu pour lui.

L'affaire avait commencé un peu plus tôt au carrefour formé par les rues Roosevelt et de Linthout.

Quelqu'un, dans le quartier, avait prévenu la gendarmerie qu'un drôle de personnage armé d'une hache s'attaquait aux voitures en stationnement.

Deux patrouilles des brigades de Bruxelles et Schaerbeek ont filé sur place. A leur arrivée, l'individu rejoignait une Peugeot 205 blanche. Une poursuite s'est engagée vers la chaussée de Roodebeek où le fuyard, sur le point d'être rejoint, a freiné sec. Loiselet, seul à bord, est descendu avec l'épée. Les gendarmes itou. Loiselet a brandi l'arme, réplique parfaite et en métal des épées des croisades au temps de Godefroi de Bouillon.

Olivier Loiselet avait eu 33 ans le 15 décembre. Il habitait avenue des Cailles à Watermael-Boitsfort. Il était célibataire. Il était animateur de profession. Des policiers se sont demandé s'il n'était pas un de ces adeptes des jeux de rôle. Il était en tout cas connu de la justice. A chaque fois pour des comportements aberrants pour le commun des mortels. En 1998, dans des circonstances quasi identiques, la police avait ouvert le feu sur lui mais Olivier n'avait pas été blessé. Plus grave: en 1993, Loiselet avait été impliqué dans un incident déjà avec une épée lors duquel un particulier avait eu le nez tranché.

Dans sa 205, les policiers ont encore trouvé une armure, une cuirasse avec bouclier ainsi que deux épées en plastique ou, plus exactement, en mousse.