"Seules l'absence d'antécédent judiciaire du prévenu et l'ancienneté des faits justifient que cette peine n'atteigne pas le maximum légal", a précisé la cour. "Chacun des éléments du dossier, pris isolément, n'est pas de nature à établir la culpabilité du prévenu et certains éléments sont de simples hypothèses", a estimé la cour. "Par contre, tous ces éléments pris ensemble, et chacun de ceux-ci examinés à la lumière des autres, constituent des présomptions graves, précises et concordantes qui établissent, hors de tout doute raisonnable, que le prévenu est la personne qui a causé des blessures à Yves De Bock le 25 mars 2014 et que personne d'autre que lui n'a pu les causer", a-t-elle établi, ajoutant qu'il importe peu qu'elle soit "dans l'impossibilité d'établir le scénario exact des faits".

La cour d'appel a conclu que les coups qui ont été portés à la victime étaient volontaires, avec l'intention de donner la mort. "Ils ont été nombreux et portés à la tête et au thorax, des régions du corps vitales", a-t-elle établi. "Ils étaient d'une intensité telle qu'ils ont entraîné un grave traumatisme crânien, avec fracture et hémorragie méningée, et une importante lésion à la poitrine, accompagnée d'une hémorragie thoracique, ainsi qu'une agonie avec étouffement".

Pour déterminer la peine du coupable, les juges ont tenu compte de l'absence d'antécédents judiciaires et de l'ancienneté des faits comme circonstances atténuantes. Du reste, les magistrats ont relevé que les faits sont extrêmement graves, "le prévenu ayant tué son frère par jalousie et pour des motifs d'ordre financier, avant d'essayer de masquer son crime, alors même que son frère avait passé de nombreuses années à l'aider, notamment dans le cadre professionnel".

Ils ont ajouté qu'au-delà de ce mobile, la personnalité d'Olivier De Bock est inquiétante. "Comme l'a souligné l'expert dans son rapport de psychologie médico-légal, ce qui intéresse le prévenu chez l'autre est l'utilité qu'il peut représenter pour lui. Les messages échangés avec la victime dans les mois qui ont précédé les faits confirment ce trait de personnalité", ont dit les juges. "De surcroît, le dossier révèle qu'un dangereux estompement de la norme existe chez le prévenu depuis plusieurs années : il a déclaré à la présente cour, sans manifestement y voir un quelconque problème, avoir organisé son insolvabilité pour échapper au paiement de sommes d'argent que lui réclamait une assurance à la suite d'un accident de voiture qu'il avait causé. Il a également reconnu avoir prélevé, pendant plusieurs années, de grosses sommes d'argent dans la caisse de son magasin pour se payer et payer son personnel de manière non déclarée. Et, avant de tuer son frère, il avait dépensé tout l'argent de leur mère, hérité de leur père et représentant toute une vie de travail, contraignant celle-ci à changer de maison de repos faute de moyens financiers, alors que, dans le même temps, il menait un grand train de vie".

Yves De Bock, un ingénieur de 54 ans, avait été signalé disparu le 26 mars 2014. Son GSM avait été localisé pour la dernière fois chez son frère, Olivier, à Uccle, la veille vers 15h00.

Le 8 avril suivant, son corps avait été découvert dans un parc jouxtant l'autoroute E19, à hauteur de Lot, dans le Brabant flamand.

L'enquête avait mené à Olivier De Bock, dernière personne à avoir vu la victime vivante. La police avait constaté que son GSM avait activé une borne proche du lieu de la découverte du corps, peu de temps avant. Également, les investigations scientifiques avaient montré des traces d'ADN de la victime dans le coffre de la voiture d'Olivier De Bock et des traces d'ADN de ce dernier sur la ceinture de sécurité à la place du conducteur dans la voiture de la victime.

Il ressortait également de l'enquête qu'Olivier De Bock connaissait de graves difficultés financières et que son frère aîné n'était plus d'accord que leur mère continue à lui verser de l'argent, sur base de l'héritage laissé par leur père.