Faits divers

Les faits se sont passés à l'intérieur des bâtiments de la justice, ce qui fait resurgir la question de la sécurité des cours et tribunaux


BRUXELLES Une juge de paix et son greffier, âgés tous deux d'une cinquantaine d'années et proches de la retraite, ont été tués, jeudi en fin de matinée, par une ou des personnes encore non identifiées. Les faits se sont passés à l'intérieur des bâtiments de la justice, ce qui fait resurgir la question de la sécurité des cours et tribunaux. En 2009, après deux évasions de détenus du palais de justice, la question de la sécurité du palais était au centre des débats. Le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, avait alors émis l'idée d'un déménagement des cours et tribunaux vers des bâtiments plus modernes et conçus pour une meilleure sécurité.

Toutefois, les avocats des barreaux francophone et néerlandophone de Bruxelles manifestaient encore mardi contre ce projet. Pour eux, le palais de la place Poelaert est l'incarnation de la justice même. Il ne peut être abandonné ou affecté à d'autres activités.
Pour Yves Ochinsky, bâtonnier de l'ordre francophone des avocats du barreau de Bruxelles et Nivelles, le problème de la sécurité n'est qu'une excuse. "Il ne faut pas négliger les mesures de sécurité, mais il ne faut pas non plus exagérer le problème. On compte très peu d'incidents avant ces deux évasions de l'année passée", avait-il confié mardi.

Deux jours plus tard, le bâtonnier est consterné d'apprendre qu'un juge et un greffier ont été abattus dans leurs locaux de fonction. "Je pense que c'est la première fois qu'un juge de paix est abattu", a-t-il commenté jeudi. "Cela pose évidemment la question de la sécurité de ces juges de proximité qui ont un véritable rôle social et qui font un travail formidable dans les petits conflits entre les justiciables. On est loin des grands procès criminels. C'était impensable", a-t-il conclu.

Il a également décrit la juge de paix décédée comme "un juge remarquable qui prenait toujours son temps pour écouter les différentes parties en présence afin d'analyser tous les aspects de l'affaire". "C'était une femme très consciencieuse et sa mort est une grande perte", a-t-il ajouté.

© La Dernière Heure 2010