Abdelrahim, 16 ans et son copain Bachahid, 17 ans, ont cassé le nez d'Alain

SAINT-JOSSE Depuis six ans, Alain est gardien de parc à Saint-Josse. Il est attaché à la surveillance de deux plaines de jeux dans le lieu-dit Petit Boule, rue Felix Delhaye. «A 20 h 30, comme tous les jours, nous fermons le parc. Entre les deux plaines de jeux, il y a cinq, six marches. J'étais à mi-chemin quand j'ai dit au groupe de jeunes que j'allais fermer. Il devait donc partir».

Devait oui, voulait non. «Ils m'ont charrié, dit qu'ils n'avaient pas envie. Mais ça, c'est du quotidien». Alain a continué à descendre les marches. «Un des cinq jeunes a lancé une bouteille en verre dans ma direction. Je l'ai regardé et je lui ai dit de la ramasser».

La réponse fut explicite: «Je vais te casser la gueule!»

Alain, visiblement habitué à se faire insulter, a, une nouvelle fois exigé qu'il ramasse cette bouteille. La réponse fut tout aussi explicite. «Il m'a flanqué un coup de poing dans le visage». Un deuxième a suivi aussitôt. «Il n'était pas question que je le laisse partir. Je l'ai maintenu par les jambes puisque j'étais à terre. Là, les autres sont venus. Ils ont commencé à me donner des coups de pied sur tout le corps».

Alain n'a pas vraiment eu le temps de se défendre. «Vous savez, cela n'a duré qu'une minute ou deux. J'ai vu deux agresseurs, pas les autres».

Après avoir tabassé le gardien, les cinq jeunes ont bien évidemment courageusement pris la fuite. «Mes collègues sont arrivés. La police de la zone Nord a été avisée».

Une patrouille a tenté de les retrouver, mais en vain. «Les policiers ont vraiment été très sympas, ils sont venus avec moi à l'hôpital, ils sont restés près de moi longtemps».

Résultat: le nez cassé, une déviation de la cloison nasale et une commotion cérébrale. «J'ai déjà subi une opération».

Pendant qu'Alain se remet du choc subi, la recherche locale du commissariat 4 a poursuivi son enquête... Et jeudi, les deux principaux agresseurs ont été interpellés. Abdelrahim, 16 ans, et son copain Bachahid, 17 ans, ont été mis à la disposition du parquet de Bruxelles. «J'en suis ravi, mais je crains quand même les représailles».

© La Dernière Heure 2006