Drame de la solitude à Courcelles : un cadavre trouvé à l'état de décomposition

COURCELLES Gérald avait 47 ans. L'homme, domicilié au n°40 de la rue du Trieu des Agneaux à Courcelles, était plutôt discret, réservé. Souvent, il lui arrivait de s'asseoir sur le seuil de sa porte et de discuter avec ses voisins les plus proches. Gérald avait bien une ex-femme et un fils. Et une soeur, en vacances au Maroc. Mais les liens familiaux étaient rompus depuis belle lurette. L'ancien ouvrier des forges de Courcelles, victime d'un grave accident il y a quelques années, vivait donc seul. Parfois, ses voisins l'apercevaient dans son fauteuil, par sa porte entrouverte. Mais depuis près de deux mois, celle-ci restait fermée. "On a fini par s'inquiéter", raconte Mercedes, une voisine qui connaissait un peu Gérald. "Peut-être était-il hospitalisé ou en voyage. Mais depuis qu'on le connaît, il n'est jamais parti. En regardant par sa boîte aux lettres, j'ai vu l'amas de courrier et de journaux. Une lampe était allumée à l'arrière. Et puis, il y avait cette odeur..."

Et à Manuel, le mari de Mercedes, de poursuivre. "Moi, ce qui m'a fait tiquer, c'est la nuée de mouches qui volaient dans le salon".

Un quart d'heure après l'appel au 101 de Mercedes et Manuel, une ambulance était sur place. Finalement, ce sont les pompiers qui sont entrés les premiers, par une fenêtre du premier étage laissée ouverte.

Et malheureusement, Gérald était bien chez lui, étendu dans une couverture derrière son bar. Mort depuis deux mois sans doute. L'autopsie a conclu à un décès naturel. "Lorsqu'on l'a vu pour la dernière fois en juin, à la fin de l'année scolaire, il semblait dépérir", poursuivent Mercedes et Manuel. "Il était fort malade. Ses problèmes d'alcool et de drogue n'ont sans doute rien arrangé. C'est malheureux de mourir comme ça dans la solitude. Gérald ne méritait pas ça. C'était quelqu'un d'aimable, sans méchanceté"...



© La Dernière Heure 2007