En cette rentrée, la RTBF a lancé sa nouvelle émission "Déclic", animée par Julie Morelle et Arnaud Ruyssen et diffusée en télé sur La Trois et en radio sur La Première. Mercredi, c'est Gino Russo qui s'est confié durant 15 minutes.

Le papa de la petite Mélissa, victime avec son amie Julie de Marc Dutroux, est revenu sur le drame et les 25 années qui ont suivi. Il a épinglé les dysfonctionnements de l'État belge à l'époque. "Les choses auraient été différentes si on avait su, depuis le début, 14 mois avant l'enlèvement, que Dutroux était l’un des principaux suspects et qu’il avait été libéré sous condition par le ministre de la Justice de l’époque, Melchior Wathelet. [...] Pendant 14 mois, on dénonçait une enquête qui tournait mal et on apprend qu’il y avait un suspect depuis si longtemps, et que nous ne le connaissions pas".

Gino Russo, qui n'a pu faire son deuil à l'époque à cause d'un "tourbillon de conflits" face à "un système auquel tout le monde croyait" pourtant, estime que peu de choses ont changé aujourd'hui: "Moi, vous savez, je me sentais comme ceux qui ont récemment passé 24 heures sur le toit de leur maison, entourés d’eau et que personne ne venait aider… J’ai ressenti la même situation il y a 25 ans, avec la sensation qu’il n’y avait pas de répondant, alors que ce qu’on voulait, c’était que l’on retrouve nos filles", confie-t-il. Un père de famille qui reste très critique du monde politique actuel. "A certains égards, la situation a même empiré, je pense. On est trop dans la communication et pas assez dans les actes. Le discours ne tient plus avec la réalité… et ça, le citoyen s’en rend compte, de plus en plus ."

Quand on lui demande s'il pourrait se lancer en politique pour éventuellement faire bouger les choses, Gino Russo répond: "Je l’ai déjà imaginé, fantasmé… mais en fait, je suis anarchiste et je ne supporte pas d’être dans une structure où on me guide et ça, ça va être compliqué dans un parti et dans une structure politique."

S'il a pris beaucoup de recul aujourd'hui, le père de Mélissa, au moment où éclate l'affaire, a occupé le devant de la scène et était fort suivi par le peuple. Il a son explication: "N’importe qui aurait pu prendre ma place s’il avait été dans ma situation. J’ai pu traverser ces années car j’ai l’impression qu’on me prenait pour un idiot et cela me permettait de faire passer mes messages. Je n’étais pas formaté ‘universitaire’, je venais de la classe populaire et je pense qu'on n'a pas su me maîtriser."