Faits divers

Des extrémistes turcs ont tout cassé, hier soir à Saint-Josse et Schaerbeek. Une dizaines de policiers blessés

SCHAERBEEK/ST-JOSSE Imaginez une bande d'extrémistes flamands manifester leur colère contre les francophones - ou l'inverse - de façon plus qu'agressive dans le centre d'Istanbul (Turquie) en pleines négociations gouvernementales... Les autorités turques crieraient au fou. Hier, ce sont les loups qui se sont lâchés dans les environs de la place Liedts à Schaerbeek et, surtout, de la place Houwaert à Saint-Josse.

Visiblement manipulés par quelques Loups gris (extrémistes de droite turcs), plusieurs centaines de jeunes - entre 700 et 1.000 selon la police - se sont réunis sur ces deux places à forte concentration turque pour dénoncer les attaques du PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan en opposition armée contre le gouvernement turc. Avertis par SMS, ils ont commencé à affluer vers 17 h. Pour se retrouver à plusieurs centaines sur la place ten-noodoise. "Il y avait beaucoup de jeunes, nombreux étaient encagoulés", décrit un riverain qui avait déjà vu les balcons du quartier fleurir de drapeaux turcs la veille. "J'ai aussi vu des enfants, certains âgés de moins de dix ans. Ils tenaient leurs mères par la main... Une tentative d'arrestation a provoqué un début d'émeute" , poursuit ce témoin privilégie, "blessant des policiers".

De fait, en début de soirée, certains Turcs ont caillassé les forces de l'ordre, pris une voiture de police en grippe, brisé quelques portes vitrées d'entrées des logements sociaux teen odois, brûlé des voitures et, de nouveau, saccagé un café dans la rue de Liedekerke, toujours à Saint-Josse. Bref, une sacrée panique dans un quartier bouclé de part en part par les camions de police et auto-pompes.

En fin de soirée, le chef de corps de la police de la zone Schaerbeek, Saint-Josse, Evere David Janssenne annonçait qu'une dizaine de policiers avaient été blessés, dont trois grièvement. "Les forces de police ont procédé à une centaine d'arrestations", expliquait-il, néanmoins satisfait par le fait que les manifestants n'aient pas réussi à atteindre les ambassades, dont celle des Etats-Unis toute proche. À Schaerbeek, la police avait, un peu plus tôt dans la soirée, activé ses pompes à eau et chargé sur les manifestants, répondant aux jets de pierres en tout genre. Elle a aussi procédé quelques interpellations même si les bandes étaient visiblement très mobiles, se déplaçant rapidement entre les deux places. Trois tramways ont par ailleurs été endommagés tandis qu'un chauffeur du bus ainsi que deux ou trois passagers 61 ont été agressés... Le bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt (FDF) avait pourtant clairement expliqué à la communauté turque que toute manifestation n'ayant pas fait l'objet d'une demande à la commune était interdite. "Nous avons lancé des messages aux radios turques, dans leurs journaux. Nous avons prévenu tout le monde qu'il était hors de question de laisser des tels événements se dérouler sur notre territoire, qu'il n'était pas question d'autoriser cette manifestation" , a expliqué le maïeur. La communauté turque était donc prévenue. Ils n'en ont pas tenu compte. Hier soir, vers 22 h, une quarantaine de jeunes squattaient encore la place Houwaert. Ils venaient d'arracher un panneau de métal qu'ils ont balancé au milieu de la place. Des faits similaires ont été constatés à Anvers hier soir. 200 Turcs ont manifesté dans le centre-ville sans provoquer aucun incident...



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