Faits divers

600 flacons saisis dans un sex-shop près de la gare du Nord

BRUXELLES Depuis tout récemment, le parquet de Bruxelles serre la vis pour tout ce qui concerne les poppers, ces excitants et euphorisants chimiques vendus en sex-shop pour intensifier les sensations et accroître les performances.

C'est que les poppers inquiètent nos pouvoirs publics: aucune autorité belge ne vérifie systématiquement la composition de ces produits fabriqués à l'étranger. Alors que tout ce qui entre comme XTC est clairement interdit en Belgique et que les contrôles sont incessants, les poppers bénéficient d'une tolérance étrange dès lors que des molécules chimiques composant certains poppers ne sont pas forcément moins nocives que l'ecstasy.

La même politique de contrôle accru est suivie par les parquets de Liège et Anvers. Le mois passé, la police a organisé à Schaerbeek l'inspection complète d'un sex-shop connu installé dans le quartier Nord. Preuve de l'intérêt apporté au problème, un magistrat du parquet accompagnait la section stups. L'opération était baptisée Flacons !

Aussi pour les hétéros

Résultat, le magistrat a fait saisir un stock de 600 poppers... mais chacun se rend bien compte que ce n'est évidemment qu'une goutte d'eau dans un commerce «qui marche à fond,» de l'aveu d'un patron de sex-shop:

«C'est par vagues. Pour l'instant, c'est vrai que ça se vend comme des petits pains. Faute de fabricants belges, les sex-shops se fournissent chez les Allemands ou aux Pays-Bas. L'opinion que les poppers n'intéresseraient que dans la communauté gay est une idée reçue fausse. Personnellement, j'en vends aussi bien aux couples hétéros. Ça se vend bien dans les discothèques. J'en connais, à Bruxelles, qui en commandent 500 le lundi en prévision du vendredi. Le flacon de 9 ml se vend 10 €. Franchement, j'ignore si c'est en vente libre. Comme souvent, c'est pas clair. Une fois c'est oui, une fois c'est non. En principe, sniffer un popper provoque d'abord un effet fulgurant - beaucoup se mettent à rire de façon incontrôlée - et une dilatation des vaisseaux sanguins. On prétend que ça vous détruit les neurones et que ça brûle les yeux et la cloison nasale si le produit est inhalé de trop près. Certains poppers contiennent des amphétamines exactement comme l'XTC».

Si les moeurs multiplient les contrôles des sex-shops, c'est pour vérifier la présence sur (ou sous) le comptoir de ces flacons qui tiennent dans le creux de la main: «A Bruxelles, quand on en trouve, on dresse un P.-V. d'information. Au parquet de prendre ses responsabilités et de décider - ou non - de saisir le stock...» Six cents d'un coup le mois passé à Schaerbeek.

© La Dernière Heure 2003