Cinq enfants d'une même famille ont péri dimanche soir dans les flammes de leur maison

TROYES Terrible Noël pour le village d'Essoyes, à une trentaine de kilomètres de Troyes (Aube).

Huit personnes, dont cinq enfants d'une même famille âgés de onze mois à 12 ans, ont péri dimanche soir dans l'incendie d'une maison, seuls un homme et son fils de 12 ans ont survécu.

Deux familles se préparaient à fêter Noël et étaient attablées autour d'un grand feu, quand un incendie d'une extrême violence s'est déclaré vers 20 h, selon le Centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis-10).

La maison a `brûlé comme une torche´, les flammes ont rapidement et totalement détruit l'intérieur, avant que l'incendie ne soit maîtrisé, deux heures plus tard, a expliqué le préfet de l'Aube, Michel Pénauld.

Les gendarmes, qui n'écartent pour l'instant aucune hypothèse dont celle d'un feu de cheminée, enquêtent pour déterminer les causes exactes du sinistre et comprendre les raisons de sa violence et de sa rapidité.

Une autopsie des cadavres carbonisés, diligentée par le procureur de la République de Troyes, Jean-Pierre Content, devait avoir lieu mardi à l'hôpital de Troyes, a précisé le directeur de cabinet du préfet, Hugues Besancenot.

Seules deux personnes, un père et son enfant âgé de 12 ans, ont réussi à échapper au brasier. Le fils a sauté par la fenêtre du premier étage.

Quant au père, il s'est enfui par la porte principale, et n'a pu ensuite porter secours aux autres. `On a voulu faire un feu de cheminée. J'avais le dos tourné à la cheminée et puis, d'un seul coup, j'ai vu une grande fumée. Et puis j'ai vu des flammes´, a expliqué ce rescapé, José Manuel Ramos.

`J'ai dit: hop, on dégage! On s'en va tous de là-dedans parce que ça va brûler la maison. Ça a été de plus en plus de fumée. Je sors dehors, j'ai pris ma respiration. Et je suis reparti. J'ai dit: sortez de là-dedans. On n'en a rien à foutre de la baraque.´

Selon les premières constatations, les huit victimes, bloquées, n'ont pas pu s'en sortir, et sont apparemment mortes asphyxiées, a précisé M. Besancenot.

Une voisine, Madeleine Thévenin, a expliqué avoir `entendu du bruit, crier´. `Alors je suis sortie dans la cour. Et puis j'ai vu du feu. Avec mon mari, on a tout de suite téléphoné aux pompiers. Et j'entendais comme si on tapait avec des pierres contre les vitres´, a-t-elle témoigné.

`Mais ce n'était pas ça. C'est le feu qui claquait les vitres. Toute la toiture, ça brûlait. J'ai entendu un enfant qui appelait au secours. Au secours! Au secours! Et puis il y avait un monsieur qui disait: sortez! Et puis ça flambait, ça flambait...´ Malgré leur intervention rapide, les pompiers n'ont pas pu pénétrer dans la maison, en raison de la violence du brasier. Après l'avoir éteint, ils ont découvert les sept corps carbonisés pressés les uns contre les autres devant la porte secondaire, fermée à clé, qui donnait sur le jardinet derrière la maison et par où ils auraient tenté de s'échapper. Le bébé a été retrouvé à l'étage, mort dans le berceau où il dormait. Ses frères et soeurs avaient trois, neuf, dix et douze ans.