Faits divers

Un vétérinaire d’une soixantaine d’années s’était retrouvé séquestré dans son appartement rue du Finistère à Bruxelles, le 12 décembre dernier à l’aube, criant à l’aide par une fenêtre pour qu’on vienne le libérer.

Remontant le fil du temps, il s’était souvenu avoir perdu connaissance environ douze heures avant, après avoir été étranglé par un homme de 23 ans rencontré quelques mois plus tôt.

Ce dernier l’avait laissé pour mort et lui avait volé les clés de son cabinet vétérinaire, celles de sa voiture, des vêtements ainsi que son GSM.

Deux jours après l’agression, le 14 décembre, le jeune homme s’était rendu lui-même au commissariat, déclarant avoir tué un homme. "Il était tout bleu et sa langue sortait" , avait-il dit à la police, persuadé d’être l’auteur d’un homicide.

Interrogé mercredi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles sur les circonstances des faits, le prévenu a raconté qu’il avait rencontré la victime aux abattoirs d’Anderlecht. "Il m’a dit qu’il était vétérinaire. Nous avons sympathisé" , a-t-il dit. Le vétérinaire lui avait ensuite envoyé une demande d’ami sur Facebook, qu’il avait acceptée.

"Le 12 décembre 2018, je passais près de son domicile et il m’a invité à entrer chez lui pour boire un verre de vin. Il m’a ensuite fait des avances sexuelles et je me suis énervé. Je ne savais pas qu’il était homosexuel" , a déclaré le prévenu. Le juge s’est montré dubitatif quant au fait que le prévenu ne s’était posé aucune question après qu’un homme de quarante ans son aîné s’était intéressé à lui et lui avait envoyé une demande d’amitié sur un réseau social.

"Je lui ai fait une clé de bras et il a perdu connaissance. J’ai paniqué et j’ai pris la fuite" , a poursuivi le prévenu, admettant avoir dérobé au passage plusieurs objets de la victime.

Son avocat n’a pas demandé de requalification de la tentative de meurtre en coups et blessures, compte tenu du fait que son client s’était dit lui-même persuadé d’avoir tué. Mais il a toutefois plaidé une peine de prison assortie d’un sursis probatoire.

La procureure, retenant la "situation dramatique" dans laquelle s’est trouvée la victime, a requis une peine de sept ans de prison. Verdict le 12 juin.