Le bateau loué par John, Willy et Tom a coulé en quelques minutes...


SAINT-TROPEZ John, Willy et Tom sont de véritables miraculés. Des amis pour la vie qui ont échappé à une noyade quasi inévitable. Pour sauver ses amis, Tom a défié la nature : il a nagé pendant plus de quatre heures, à contre-courant, afin de rejoindre la plage de Saint-Tropez.

Encore sous le coup de l’émotion, les survivants, tous originaires d’Alost, nous racontent leur incroyable expérience. “Nous avions décidé de partir entre hommes pour cinq jours à Saint-Tropez”, explique Tom. “On a loué un bateau. Je connais super-bien les environs puisque je viens dans la région chaque année.” À bord d’une vedette de type Chris-Craft de 8 mètres, les amis ont été jusqu’à Pampelonne… Vers 21 h, il était l’heure de regagner Port-Grimaud, leur lieu de villégiature. “J’ai nagé jusqu’au bateau. J’adore nager. Mes amis ont pris la navette.” John ignorait que ce n’était qu’un échauffement !

“Il y avait un peu de mistral. La mer était un peu agitée mais rien d’alarmant… Jusqu’au moment où le moteur du bateau s’est arrêté.” En principe, il n’y avait aucun danger. “Le bateau s’est mis de biais. En quelques secondes, il a été inondé.” Les trois amis ont à peine eu le temps de réagir . “On a pris les gilets et lancé une fusée de détresse.“ En vain. Le bateau a sombré.
C’est là que John va réaliser une véritable performance. “Il y a un an, je me suis mis au triathlon. Depuis, je nage trois fois par semaine. Je me suis dit : Allez, il faut nager jusqu’à la plage et appeler les secours .” Plus facile à penser qu’à faire !

“J’étais à contre-courant. J’ai nagé en crawl avec un bras. L’autre tenait le gilet. Je changeais de temps en temps de bras et quand j’étais fatigué, je me mettais sur le dos. Il ne fallait surtout pas que je m’arrête, sinon le courant allait me ramener à la case départ.”

Il faisait nuit. Pour s’orienter, John a fixé deux points lumineux sur la plage. “J’ai nagé les yeux ouverts pour les fixer en permanence.” La traversée a duré quatre heures. “Et pourtant, je n’ai fait qu’un kilomètre et demi.”
Arrivé sur la plage, John s’est écroulé. “Je n’en pouvais plus. Il n’y avait personne, mais je savais que si je ne bougeais pas, mes amis allaient mourir puisque personne ne savait que le bateau avait coulé.” John a alors aperçu un garde. “Il a donné l’alerte.” Les heures ont encore passé… “Nous avons essayé de nager, mais nous n’allions pas aussi vite que John. Donc, on n’avançait pas”, explique Tom. “Nous n’avons pas paniqué. On a pensé à nos enfants, nos femmes…” Et puis, la nuit est tombée. “On avait froid, on avait des crampes et puis on a entendu les hélicoptères…” Vers 8 h du matin, les deux amis étaient à leur tour localisés. Bravo John !

© La Dernière Heure 2008