Faits divers

Un agent avait été poignardé à Philippeville et n’avait eu la vie sauve que grâce au gilet pare-balles

Dans les rangs des syndicats de police, c’est l’incompréhension. La consternation même. Le lendemain même après avoir agressé un policier au couteau à Philippeville, l’auteur des faits a été relâché. La qualification de tentative de meurtre n’a pas été retenue par la juge d’instruction en charge du dossier, celle-ci lui préférant le caractère de rébellion armée et coups et blessures volontaires.

Les faits s’étaient produits dans la nuit de vendredi à samedi. Un homme né en 1969 avait été privé de liberté pour avoir passé de nombreux appels intempestifs – le nombre de 111 est évoqué par le parquet de Namur – aux services de secours et de police. Des appels lors desquels le quinquagénaire avait copieusement insulté ses interlocuteurs.

Si bien que la police a été appelée pour stopper l’énergumène. Qui s’est montré très violent au moment de son interpellation : l’homme a exhibé un couteau de boucher dont la lame mesurait une vingtaine de centimètres et a embroché l’un des policiers. Lequel n’a eu la vie sauve que grâce à son gilet pare-balles. Il souffre tout de même d’une sérieuse blessure dans le dos et est en incapacité de travail.

Son agresseur, lui, connu de la justice pour de sérieux antécédents, a donc été relâché, dès le lendemain. “C’est tout bonnement scandaleux, nous lâche un policier, furieux de la tournure des événements. Ce type est connu pour quatre tentatives de meurtre ou meurtres. Il est extrêmement dangereux et on le relâche dans la nature, presque comme si rien ne s’était passé. Les collègues sont tous scandalisés.”

Sur les réseaux sociaux, le syndicat de police SNPS flingue la décision rendue par la magistrate. “C’est un nouvel exemple de toute la considération de la justice envers les policiers”, lâche, désabusé, Thierry Belin, le secrétaire national du SNPS.

Contacté, Fabrice Descry, délégué permanent pour la province de Namur, confirme l’état d’esprit des policiers. “Nous sommes tous incrédules, explique-t-il. Le message de la juge ne passe pas. Aujourd’hui, on peut poignarder un policier et être libre le lendemain. C’est l’incompréhension chez les hommes. Et même un ras-le-bol généralisé.”

Et de poursuivre : “Personne au sein de la police ne comprend cette décision alors même que le parquet avait fait son boulot en réclamant la délivrance d’un mandat d’arrêt. Cette décision est incompréhensible et inacceptable.