Faits divers

Aujourd’hui, seuls les tueurs tunisiens sont toujours en prison

LIÈGE Qui a assassiné André Cools, le 18 juillet 1991 au petit matin, sur les hauteurs de Cointe ? Deux tueurs tunisiens, mandatés et rémunérés par une demi-douzaine de cabinetards du ministre régional wallon van der Biest.

Pourquoi ? Parce que celui qui avait gardé une influence énorme auprès des socialistes liégeois en avait ras le bol des frasques avinées de son ancien poulain politique. Et qu’il envisageait sérieusement de mettre un terme définitif à son parcours ministériel.

Ce sont ces éléments qui ont permis à la cour d’assises de Liège de condamner six personnes, le 7 janvier 2004. Parmi celles-ci, Pino Di Mauro et Richard Taxquet, véritables pieds-nickelés politico-mafieux du cabinet van der Biest, écopaient de 20 ans de prison. Même tarif pour deux autres comparses, Mimo Castellino et Cosimo Solazzo, tandis que Carlo Todarello et Luigi Contrino étaient condamnés à 5 ans de prison.

Alain van der Biest, pour sa part, n’a jamais été jugé. Et pour cause : il s’était suicidé le 17 mars 2002 en emmenant dans la tombe sa propre vérité sur l’assassinat de son ex-mentor. Quant aux deux tueurs tunisiens, c’est dans leur propre pays qu’ils ont été jugés et condamnés, en juin 1998, à 25 ans de prison.

Aujourd’hui, ces deux Tunisiens sont les seuls qui, en principe, sont toujours en cellule. Quant aux Liégeois de la bande, ils ont été remis en liberté au hasard des mesures de libération conditionnelle ou suite au recours introduit à la Cour européenne des droits de l’homme.

Ainsi, vingt ans jour pour jour après les coups de feu mortels, le dossier relatif à l’affaire Cools semble définitivement refermé. Même s’il reste des questions auxquelles on ne répondra sans doute jamais.

Parmi celles-ci, l’identité du témoin anonyme qui, en donnant des explications aux policiers et en leur indiquant où se trouvaient les armes du crime, avait permis de débloquer l’enquête.

Rappelons également que l’enquête sur l’assassinat du ministre d’État avait aussi débouché sur d’autres dossiers mettant en avant les pratiques financières plus que douteuses du Parti socialiste. Et ont débouché sur d’autres procès portant, par exemple, sur les comptes de la Smap ou l’achat des hélicoptères Agusta par l’armée belge…



© La Dernière Heure 2011