En l'an 2000, les gendarmes ont ouvert deux fois moins le feu sur les personnes mais deux fois plus sur les voitures

BRUXELLES Cette année, 102 incidents ont été dénombrés lors desquels des gendarmes ont dû faire usage de leurs armes. L'an passé, l'adjudant-chef Rik De Maersschalck, de la cellule situations dangereuses de la gendarmerie, en avait totalisé 104. Les chiffres évoluent peu. Ce qui change en revanche, c'est la fréquence avec laquelle c'est un véhicule en fuite qui est pris pour cible 27 en 2000 contre 13 en 1999 deux fois plus que l'an passé. Une évolution à mettre en parallèle avec l'augmentation des car-jackings. `C'est un gros problème que nous allons devoir régler d'urgence. Nous ne sommes pas suffisamment préparés.´, constate l'adjudant qui n'hésite pas à dire tout haut que la formation actuelle dispensée à la gendarmerie ne tient pas compte suffisamment de cette évolution et est donc à améliorer. ´Un véhicule en mouvement n'est pas un tireur isolé. Sans parler des risques de ricochets sur la carrosserie, les situations sont très différentes...´

Un parcours urbain plutôt que des cibles fixes

Depuis deux ans, la gendarmerie a totalement repensé sa formation.

Fini le temps où la formation consistait en des tirs sur cibles fixes à 10, 15 et 25 mètres. Au complexe Géruzet, le stand de tir est un parcours urbain reproduisant des situations réelles où le gendarme a une demi-seconde pour ne pas confondre le méchant preneur d'otage et la brave dame qui, à la tombée de la nuit, dans une quasi obscurité, ne sort pas un 7,65 mm de sa poche mais un GSM. `Le but, explique Rik De Maersschalk, est de faire en sorte que le gendarme, confronté sur le terrain à un imprévu, ait une impression de déjà-vu. C'est une approche, une philosophie nouvelle définie sur base d'études faites avec la KUL et qui cherche à intégrer tous les aspects, y compris la communication avec le collègue: dans plus de neuf cas sur dix, le gendarme qui doit se servir de son arme a son collègue près de lui ...´

Résultat? Davantage de sécurité pour tous. Pour le gendarme et pour le public. Preuve en est qu'alors que la délinquance venue de l'Est notamment se fait plus violente, nos gendarmes font moins usage de leurs armes en direction des personnes deux fois moins que l'an passé et donc de façon encore plus appropriée.

Seule crainte de l'adjudant: que la réforme des polices ne provoque un retour en arrière, aux anciennes méthodes tirs sur cibles fixes , et n'entraîne la perte d'une expérience unique en Belgique.