Le 31 août dernier, Liza, son mari et ses deux enfants pensaient passer une journée de détente à Efteling, le parc à thème situé aux Pays-Bas et très prisé des Belges. Mais leur excursion a tourné au cauchemar au moment de la fermeture du parc, ont raconté Liza et son mari sur les réseaux sociaux. Aux alentours de 22h, quand les derniers visiteurs quittent Efteling sur le point de fermer, la mère de famille faisait la file pour aller aux toilettes avec son fils aîné de huit ans, qui est autiste. Le mari était en retrait, avec le deuxième enfant du couple, âgé de six ans.

"Une dame en uniforme d'Efteling se tenait à l'entrée des toilettes et a annoncé soudainement que plus personne ne pouvait utiliser ces toilettes", explique ainsi le père de famille dans une longue publication Facebook, intitulée "Mon fils autiste a été humilié". Il raconte qu'une dame juste devant son fils fut tout de même autorisée à rentrer dans les sanitaires, après avoir parlementé avec l'employée. Le petit garçon de Liza, lui, angoissait, comme l'explique encore le papa: "Mon fils autiste avait déjà commencé un de ses rituels autistiques typiques : il regardait en l'air, sautait sur place et battait nerveusement des mains comme un petit oiseau. Il répétait 'J'ai besoin de faire pipi, j'ai besoin de faire pipi, j'ai besoin de faire pipi'. Alors ma femme a donc poliment demandé de laisser entrer notre fils aussi parce qu'il allait faire pipi dans son pantalon". Mais devant les toilettes, l'employée aurait refuser de faire passer le garçon, malgré la carte d'accueil pour les personnes handicapées que lui a fourni le parc, et le certificat médical de l'enfant prouvant son anxiété dans les longues files d'attente. La dame du personnel, apparemment agressive d'après les propos du père de famille, répète assez fort que les toilettes sont fermées et ne plie pas, mais Liza et son fils arrivent à s'y faufiler malgré tout.

C'est à ce moment que la situation aurait dérapé, quand l'employée, après avoir insulté Liza, née d'un père sri-lankais, de "salope noire" selon les dires du mari, a appelé la sécurité, qui a emmené la mère de famille. Le père, lui, décide de ramener ses enfants à la voiture familiale, et d'attendre là-bas d'en savoir plus. "Au bout d'un moment, j'ai reçu son (Liza, ndlr) appel dans la voiture, pour vérifier si tout allait bien pour elle, mais l'appel a été brusquement interrompu après que des hommes lui aient crié dessus en néerlandais. Mes enfants ont écouté tout cela par les haut-parleurs de la voiture et ont recommencé à paniquer", témoigne le papa, qui a tout de même reçu le soutien d'un autre employé du parc, lui expliquant que la police allait arriver.

Deux heures après le début de l'incident, les policiers sont donc arrivés et ont embarqué la mère de famille, qu'ils ont décidé de garder au poste de Tilburg pour la nuit. Le papa apprend donc à ce moment que l'employée du parc a porté plainte contre sa femme. Ne pouvant plus rien faire, le mari de Liza a donc quitté Eftling avec ses enfants pour se rendre à l'hôtel. "Mes enfants ont pleuré amèrement pendant que je conduisais au milieu de la nuit. [...] Pour sa part, ma femme a passé la nuit dans une cellule, ses empreintes digitales et sa photo ont été prises, comme pour une vulgaire criminelle. Tout simplement extraordinaire", relate encore l'époux.

Finalement, après 17h de détention, Liza a été libérée, aucune "intention criminelle" n'ayant été observée dans ses agissements. Mais les parents vont, eux, porter plainte contre l'employée concernée et deux hommes de la sécurité pour traitement humiliant. "Le préjudice moral subi par ma famille est énorme. Je ne leur pardonnerai jamais le stress et l'anxiété de mon fils autiste. Je ne leur pardonnerai jamais les larmes de mes deux enfants. Je ne leur pardonnerai jamais les cris de ma femme lorsque ces deux bêtes lui ont arraché son téléphone", conclut le papa, désespéré et dégoûté par cette histoire extravagante.


Une histoire différente du côté du parc

À Efteling, l'affaire n'est pas encore claire. Contacté par nos soins, le parc s'est dit "terriblement choqué par cette histoire", précisant tout de même que "Efteling a vécu une expérience différente de l’histoire racontée sur Facebook (par Liza et son mari, ndlr)". Au vu des contradictions entre les deux versions des faits, le parc à thème explique être "sincèrement triste que la famille ait eu une mauvaise expérience lors de sa visite" et préfère "engager une conversation personnelle avec la famille" plutôt que de passer par les médias. Efteling assure "faire tout son possible pour entrer en contact" avec Liza et son mari pour discuter de l'incident, mais n'a, au moment d'écrire ces lignes, toujours pas reçu de réponse de la famille et "continue d'enquêter sur les faits exacts qui ont eu lieu".