Faits divers

Le juge d’instruction de Bruxelles a inculpé pour "menaces" un habitant de Gosselies pour avoir proféré des menaces, sur les réseaux sociaux, à l’encontre de la ministre Milquet et de ses enfants.

L’homme, âgé de 24 ans, avait posté sur son profil Facebook un message conseillant à la ministre de faire bien attention à elle et de veiller à la sécurité de sa famille. Il indiquait une date : fin janvier. Le juge l’a inculpé de "menaces écrites d’un attentat criminel". Il est en aveux.

Alors que le parquet demandait qu’il soit placé sous mandat d’arrêt, le juge l’a laissé en liberté en imposant des conditions strictes, dont celle de ne pas approcher Joëlle Milquet à moins de 300 mètres. D. J. a été interpellé la semaine passée après qu’un "ami" ayant découvert les menaces ait dénoncé le message à un service de police.

L’habitant de Gosselies explique qu’il aurait eu un coup de déprime après avoir vu la fameuse photo qui a fait le tour des réseaux sociaux montrant Mme Milquet en compagnie d’un prédicateur d’al Qaïda.

Depuis lors, la ministre de l’Intérieur s’est largement expliquée sur le contexte de cette photo d’elle avec Iliass Azaouaj prise à une époque où l’imam salafiste était inconnu des services de sécurité.

L’habitant de Gosselies explique qu’il a interprété cette photo comme la preuve que la ministre avait du temps à consacrer à des personnes comme Azaouaj alors qu’elle n’en avait pas pour s’occuper des problémes des gens frappées par la crise, la pauvreté et le non-emploi, et qui désespèrent. Il avait envoyé, dit-il, 80 demandes d’emploi et reçu aucune réponse.

Un spécialiste des questions de terrorisme fait part de l’énorme difficulté de déterminer le seuil à partir duquel de telles menaces sont susceptibles d’être mises à exécution.

En 2010, un déséquilibré qui avait proféré des menaces contre les juges après un jugement défavorable dans une garde d’enfant, a tué une juge de paix à Bruxelles, en pleine audience, et son greffier. Celui qui menaçait Joëlle Milquet sur Facebook est dans une situation comparable; sa femme l’a quitté avec les enfants, il n’a pas d’emploi mais des dettes partout et consomme son gramme de cocaïne tous les jours.

De façon à garantir qu’il reste à distance de Mme Milquet, il a été convenu qu’il ne quitterait pas la région de Charleroi et ne mettrait en tout cas en aucun cas les pieds à Bruxelles.

Son avocate , Me Samira Bouyid, se refuse à tout commentaire sauf pour préciser que son client n’était pas connu de la justice. On comprend mieux maintenant pourquoi Joëlle Milquet a reproché à Vincent Van Quickenborne d’avoir tweeté la photo de la nouvelle voiture de la ministre avec l’immatriculation bien visible.