Le 26 septembre 2014, "comme tous les jours" dès le matin pour "cesser de trembler", Helga Wauters commence sa journée en buvant de la vodka, puis a rebu l’après-midi et le soir.

Six ans plus tard, Helga Wauters va être jugée. L’anesthésiste bruxelloise comparaît ces jeudi et vendredi devant le tribunal correctionnel de Pau pour avoir causé en 2014 la mort d’une femme, asphyxiée lors de son accouchement par césarienne à la maternité d’Orthez. Elle a reconnu devant les enquêteurs être "incapable d’aller au bloc sans avoir bu".

La prévenue, embauchée quinze jours plus tôt, avait administré une péridurale à la jeune femme qui avait dépassé son terme, puis était sortie prendre "un verre de rosé" chez des amis. Mais l’accouchement se compliquant, une césarienne devenait nécessaire. Helga Wauters, qui sentait l’alcool à son retour, avait intubé dans l’œsophage au lieu de la trachée, provoquant réveil et douleurs de la patiente, en pleine opération sous anesthésie générale. Xynthia Hawke est décédée le 30 décembre des suites d’un manque d’oxygène. Son bébé a survécu. En garde à vue, quatre jours après le drame, l’anesthésiste présentait 2,38 grammes d’alcool.

Ce tableau tragique tranche avec le parcours d’une femme qui avait tout pour réussir. Née d’un père gynécologue et d’une mère professeure d’économie, elle intègre l’équipe nationale de hockey sur gazon et poursuit ses études de médecine jusqu’à son doctorat d’anesthésiste. Mais au fil du temps, Helga Wauters se met à boire, surtout après une rupture sentimentale.

À partir de 2009, elle doit être admise en cure de désintoxication. Dépressive, elle démissionne. Après une seconde cure, elle retrouve un poste à l’hôpital de Soignies, en 2012. Elle est licenciée quelques mois plus tard : appelée pour une césarienne, ses collègues constatent qu’elle a bu. Retour en cure. Puis au travail. Mais en février 2014, sollicitée pour la pose d’une péridurale lors d’une césarienne, elle se montre une nouvelle fois incapable de réaliser ce geste pour cause d’ivresse. Elle est licenciée. Étrangement, aucun de ces très graves incidents n’ont été signalés à l’Ordre national des médecins belge. Quelques mois plus tard, elle sera embauchée en France sans aucune vérification de son CV.