Le présumé terroriste unijambiste dit avoir été victime d'un accident en Syrie. Le parquet penche pour un attentat en Irak

BRUXELLES Procès terroriste, clap deuxième. Ce mardi, deuxième journée du procès impliquant six membres d'une organisation terroriste. L'un des prévenus est unijambiste : Younes Loukili, 29 ans.

"J'ai perdu ma jambe dans un accident de circulation en Syrie" , a expliqué hier le prévenu sans pour autant pouvoir apporter des preuves matérielles de cet accident.

Et le parquet ne s'en étonne guère, lui qui considère très ouvertement que Loukili a laissé une jambe au combat, en Irak.

Et cela se serait produit en novembre 2004. Cette date a toute son importance, car Loukili aurait donc manqué de perdre la vie tout juste un an avant l'attentat suicide de Muriel Degauque.

Pour le parquet, ce n'est pas anodin, dès l'instant où l'on sait que Loukili et Degauque avaient les mêmes contacts en Belgique. La même filière, en somme, celle dont six de ses membres sont aujourd'hui poursuivis devant la 49e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles. Durant une bonne partie de la journée, Loukili a répondu aux questions du président Pierre Hendrix. Enfin, le prévenu a surtout joué la carte de l'amnésie.

Beaucoup de questions sans réponse. Beaucoup d'imprécision. Beaucoup de lacunes. Loukili, en plus d'être unijambiste, est aussi amnésique. Mais l'amnésie, et c'est bien connu, est fortement répandue auprès des membres liés à une filière terroriste. Cela s'est déjà vérifié lors de précédents procès.

Mais qu'à cela ne tienne, les enquêteurs ont pu relever que Loukili voulait rejoindre l'Irak, et plus que probablement à partir de la Syrie. Des documents, pour l'essentiel électroniques, démontrent que Loukili préparait son sacrifice "au nom d'Allah ", comme disent les terroristes. Des MSN, des courriers électroniques et les écoutes téléphoniques confirment tout cela. Mais Loukili, lui, a oublié...



© La Dernière Heure 2007