La juge d'instruction, Véronique Laloux, évoque devant la cour d'assises du Hainaut, le message qu'a laissé Nathan Duponcheel, le meurtrier du bourgmestre de Mouscron, Alfred Gadenne , à sa maman.

Immédiatement après avoir commis l'irréparable le 11 septembre 2017 dans le cimetière de Luingne, Nathan Duponcheel a appelé sa maman qui n'a pas décroché car son portable était "sous vibreur". Ce sont les frères de Nathan qui sont d'ailleurs venus la prévenir. La maman n'a vu que, par la suite, que Nathan l'avait appelée.

Dans son message, l'accusé lui disait être désolé. La maman a indiqué avoir entendu des véhicules de police juste avant les dires de son fils. La maman a, ensuite, été interrogée.

Elle a expliqué que son fils était persuadé que son papa s'était suicidé à cause de son licenciement. Nathan estimait que les responsables de celui-ci n'étaient autres que l'échevin du Personnel et le bourgmestre, Alfred Gadenne.

Elle a ajouté que Nathan avait déjà affirmé que si l'occasion se présentait, il n'hésiterait pas à faire la peau à ces deux hommes... La maman souligne toutefois que, dans sa tête, faire la peau ce n'était pas tuer mais plutôt frapper. Elle n'a pas pris les déclarations de son fils plus au sérieux. "Il s'agissait des dires d'un jeune de 17 ans qui avait perdu son papa", avait-elle précisé.

Ce jour-là, Nathan avait dîné avec sa maman. C'est même lui qui avait mis la table. Alors que comme tous les lundis, sa maman allait aller dormir chez son compagnon, Nathan l'avait prévenue qu'il irait passer la nuit chez son meilleur ami.

Les policiers ayant réalisé la première audition de Nathan ont, ensuite, pris la parole. Des policiers qui ont , une fois de plus, insisté sur l'absence d'émotion et de regret dans le chef de l'accusé, durant cette première audition qui a duré deux heures. "Il nous a tout de suite tout expliqué. Ses déclaration étaient claires. Il y avait d'ailleurs chez lui, selon les policiers, une réelle envie d'expliquer ce qu'il avait fait. Il avait le torse bombé. Cela montrait, selon moi, qu'il voulait assumer ce qu'il avait fait" , a souligné l'un des membres de la zone de police de Mouscron. 

Lors de cette audition, Nathan avait déclaré aux policiers que c'était la première fois qu'il arrivait à parler de son ressenti. Le jeune homme a aussi expliqué au président Jonckheere que sa maman n'avait finalement pas intenté une action en justice contre la Ville suite à ce licenciement qu'elle jugeait abusif et ce, parce qu'elle travaillait aussi  à la commune et elle avait peur de perdre son boulot.