Amir S. et Nasimeh N. de Wilrijk, qui devaient commettre l'attentat, ont écopé de 18 ans de prison, contre 17 ans de réclusion pour Mehrdad A., qui devait garder un œil sur la scène. Tous trois perdent également leur nationalité belge. Amir S. a reçu une peine plus lourde, puisqu'il avait été condamné à quinze ans de prison en première instance. Les peines de Nasimeh N. et Mehrdad A. ont, elles, été confirmées en appel. Le commanditaire de l'attaque, le diplomate iranien Assadollah A., condamné à la peine maximale de 20 ans devant le tribunal correctionnel, avait, quant à lui, renoncé à faire appel.

Toutes les parties civiles ont reçu 1 euro de dommages et intérêts.

Amir S. et Nasimeh N. avaient été arrêtés à Woluwé-Saint-Pierre le 30 juin 2018 avec une quantité d'explosifs estimée à 500 grammes et un détonateur dans leur voiture. Les deux trentenaires avaient l'intention de commettre un attentat plus tard dans la journée contre un congrès des Moudjahidines du peuple d'Iran (MEK) à Villepinte, près de Paris. Vingt mille personnes y étaient attendues, dont de nombreuses personnalités politiques internationales.

"L'affirmation des prévenus Amir S. et Nasimeh N. selon laquelle ils avaient l'impression que l'engin explosif ne ferait que du bruit et des feux d'artifice et qu'il n'était jamais destiné à tuer des gens n'est pas plausible", a estimé la cour d'appel d'Anvers. Mehrdad A., pour sa part, était présent au congrès et était parfaitement au courant de l'attentat, selon le tribunal. Il avait également dans sa poche un téléphone portable avec lequel il pouvait tenir informé le commanditaire, Assadollah A.

Tous trois ont été reconnus coupables de tentative d'assassinat terroriste. Pour la cour, il est prouvé qu'ils faisaient partie d'un groupe terroriste, situé dans le département 312 du ministère iranien du Renseignement et de la Sécurité (MOIS). Assadollah A. y était un agent de renseignement et, à partir de 2015, il a utilisé sa couverture diplomatique pour diriger, depuis l'ambassade d'Iran à Vienne, un réseau d'informateurs, auquel appartenaient également les trois prévenus.

En échange d'une rémunération, ces derniers recueillaient pour lui des informations sur les MEK. Le commanditaire avait également demandé au couple de Wilrijk s'il était prêt à commettre un attentat. L'homme et la femme avaient accepté, à condition de recevoir plus d'argent. Les préparatifs avaient commencé en mars 2018. Une dizaine de jours avant l'attentat, Assadollah A. avait apporté la bombe dans sa valise diplomatique sur un vol régulier en provenance de Téhéran. Le 28 juin 2018, il avait remis l'engin explosif avec les instructions nécessaires et une rémunération de 18.000 euros à Amir S. et Nasimeh N. au Grand-Duché de Luxembourg.

Le tribunal a jugé les faits très graves et a attaché une grande importance au fait que les prévenus ont fait passer des motifs financiers avant des vies humaines. Ils ont été condamnés à de lourdes peines de prison et ont perdu leur nationalité belge. Le tribunal a déclaré que chacun d'entre eux s'était vu confisquer pour une valeur de 60.000 euros.

L'opposition iranienne et ses partisans ont accueilli l'arrêt avec enthousiasme. Un grand groupe d'Iraniens s'était en effet rassemblé devant le palais de justice d'Anvers avec des banderoles et des pancartes pour protester contre le régime iranien.