C’était à peine quelques jours avant le Nouvel An alors que les souvenirs des attentats du 13 novembre à Paris et du lockdown, qui avait vidé les rues de Bruxelles le 20 novembre, étaient encore très vivaces. Deux hommes, considérés comme les figures de proue d’un club de motards majoritairement de confession musulmane, les Kamikaze Riders, avaient été arrêtés.

On les soupçonnait alors de préparer un attentat. Dans une note, envoyée par l’Ocam aux zones de police de la région bruxelloise, des cibles potentielles avaient été citées : la Grand-Place de Bruxelles, le commissariat central de la police de Bruxelles, situé dans les environs immédiats, les militaires qui patrouillaient en rue et les policiers en uniforme.

Les enquêteurs étaient alors convaincus que "ces menaces sérieuses d’attentat" se concrétiseraient durant les fêtes de fin d’année. Cela avait conduit les autorités à annuler le traditionnel feu d’artifice du 31 décembre à Bruxelles.

Le projet d’attentat n’a pas été retenu

Deux hommes avaient été inculpés et arrêtés pour participation aux activités d’un groupe terroriste et pour tentative d’attentat. Ils sont toujours détenus. Ils comparaissent à partir de ce lundi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles.

L’affaire s’est toutefois sensiblement dégonflée depuis lors. Saïd Souati, 30 ans, et Mohamed Karay, 27 ans, ne devront plus répondre de tentative d’attentat. A la demande même du parquet fédéral, cette charge n’a pas été retenue à leur encontre. Ils seront "seulement" jugés pour participation aux activités d’un groupe terroriste.

Des contacts avec Sharia4Belgium

En janvier, on pensait pourtant que Mohamed Karay aurait voulu se faire exploser. Une lettre datée du 1er décembre avait été retrouvée dans son ordinateur. Elle se présentait sous la forme de la lettre d’adieu du martyr avant son geste.

Ni explosifs ni armes n’ont été retrouvés. Le passé de Saïd Souati, déjà impliqué dans des attaques à main armée, avait fait craindre qu’il pouvait avoir un accès aisé à des armes à feu.

Des tenues d’entraînement de style militaire, notamment du type porté par les chasseurs dans les bois, avaient été retrouvées lors des perquisitions. Cela pouvait peut-être s’expliquer car certains des Kamikaze Riders étaient adeptes du Paintball. Saïd Souati était considéré comme un des chefs des Kamikaze Riders, réputés pour leurs courses à moto à pleine vitesse sur le Ring de Bruxelles.

Certains des membres ou proches du club étaient considérés comme favorable à la cause djihadiste. Un des membres du groupe, Abdelouafi Elouassaki s’est tué en moto en 2013.

Deux de ses frères, Hakim et Houssien ont été condamnés à Anvers en 2015 dans le cadre du procès Sharia4Belgium. Saïd Souati et Mohamed Karay nient les faits qui leur sont reprochés.