Ce garçon "secret" et "peu causant" a fait trois victimes dans une crèche

Il avait tout planifié

TERMONDE Kim De Ghelder, 20 ans, d'Eksaerde. Récemment installé à Sinaai, dans l'entité de Saint-Nicolas, où ses parents lui payaient un kot à 650 € par mois. Y vivait seul. Au chômage depuis octobre après avoir travaillé comme magasinier dans une grande surface de jardinage, Van Remoortel, à la satisfaction de ses patrons : c'est lui qui leur avait remis son préavis.

Issu d'une famille de trois enfants, deux fils, une fille, dont il est l'aîné. Souffrant peut-être d'une schizophrénie ou d'une psychopathie non détectée, comme le juge d'instruction de la tuerie de la crèche de Termonde l'envisage en désignant déjà trois experts psychiatres.

Un garçon banal ("gewoon" ) pour les uns. Très replié sur lui-même pour d'autres qui le décrivent comme "vivant dans son monde". À pour habitude de s'exprimer "en murmurant" . Très secret, peu causant.

Voilà, à grands traits, le portrait qui se dégage au lendemain du massacre de la crèche du Pays des Fables, un tueur atypique dont la justice est bien incapable, à ce stade, d'avancer le moindre mobile.

Kim De Ghelder se tait. Faute de mieux, la police fédérale continue de penser que son accoutrement est significatif. Si le roux des cheveux paraît naturel, le visage fardé et les yeux cernés de noir s'inspire peut-être du personnage du Joker du film Batman , le mal absolu remarquablement campé par l'acteur australien Health Ledger dont le décès resté mystérieux à New York fut annoncé le 23 janvier 2008, un an jour pour jour avant la tuerie.

De Ghelder avait tout planifié. Hier, nous avons refait la route. Longue, à vélo. 21 km de Sinaai, où il occupe un bel appartement au premier étage d'un immeuble tout récent, à Sint-Gillis. Deux bonnes heures alors que d'autres cibles , plus proches, s'offraient à lui.

Pourquoi cette crèche bien précise ? Dans son sac à dos, Kim De Ghelder porte une hache, un faux pistolet et trois couteaux, dont deux seront retrouvés pas loin du lieu de la tragédie. A-t-il prévu un Fort Chabrol ? Il a revêtu un gilet pare-balles. L'enquête se poursuit activement.



© La Dernière Heure 2009