Faits divers Les petits mammifères ont souffert de la météo, des parasites et des pesticides.

Dans les 25 centres de revalidation pour animaux sauvages que comporte la Belgique, un triste constat fait l’unanimité : l’année 2016 a été catastrophique pour toute la faune sauvage et particulièrement pour les hérissons.

Maladies, parasites, dénutrition et déshydratation... Les petits mammifères à picots ont dû faire face à de nombreux maux.

Au clos de l’Olivier, un centre situé à Jurbise, plus de 300 de ces mammifères ont été traités l’année passée, contre 200 en moyenne pour les autres années. Daniel Marlier, gestionnaire du lieu, pointe plusieurs raisons à cette situation. La première est la météo. "Il n’y a quasiment pas eu d’hiver et le printemps a été froid et humide, ce qui a eu pour conséquence de retarder les nichées de hérissons. Généralement, ils naissent à partir du mois de mars mais l’année passée, ils ont commencé très tard et le printemps difficile a entraîné beaucoup de maladies", explique-t-il. Conséquence : de nombreux hérissons ont souffert d‘une bronchite et d’autres maladies respiratoires.

Outre le froid et la pluie, les hérissons ont dû faire face à un autre ennemi redoutable : les pesticides, particulièrement agressifs l’année passée. "Pour ne pas perdre les récoltes, beaucoup de produits chimiques ont été pulvérisés dans les cultures. Beaucoup de hérissons ont donc été empoisonnés", explique Daniel Marlier. Pour ajouter à son malheur, la petite bête fait également partie des trois premières victimes du trafic routier (avec les batraciens et les renards).

Le hérisson est un animal relativement courant dans nos régions mais il est malheureusement en déclin pour toutes les raisons précitées.

On estime que depuis les années 1950, leur nombre est passé d’environ trente millions à moins d’un million dans les pays d’Europe.

Quelques précautions à respecter pour leur donner un coup de pouce : si vous avez un jardin, faites attention lors de l’utilisation d’une tondeuse à gazon. si vous avez une piscine, y placer une rampe permet d’éviter des noyades.

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Ce que la disparition de la nature nous coûte vraiment

La nature nous rend de nombreux services difficilement remplaçables.

La nature nous rend de nombreux services que nous tentons de compenser tant bien que mal quand certaines espèces disparaissent.

Comme l’explique Fanny Boeraeve, docteur en agro-écologie dans la revue l’Homme et l’Oiseau, sans carabidés (une sorte de coléoptère terrestre), la Belgique serait recouverte de bouses de vache en moins de deux ans.

Ces insectes jouent en effet un rôle essentiel dans la décomposition des excréments de nos bovidés. En Australie, dans les années 1960, ces insectes se sont retrouvés incapables d’effectuer leur mission. "Les prairies se sont rapidement couvertes de bouses et ont été envahies par des mouches, causant un réel problème de santé publique", écrit Fanny Boeraeve.

La nature nous rend de nombreux services de ce type sans que nous nous en rendions toujours compte et lorsqu’ils ne peuvent plus être effectués par les animaux, c’est à nous de les prendre en charge tant bien que mal en utilisant des solutions artificielles.

Une autre étude, qui s’intéresse au geai des chênes, indique que pour chaque couple de geais qui disparaît, il faudrait payer entre 5.000 et 20.000 euros pour pouvoir assurer la régénération de nos forêts de chênes.

Ces oiseaux jouent en effet un rôle important dans la dispersion des glands puisqu’ils en cachent entre 4.500 et 11.000 par an.

Ces solutions , en plus d’être chères, sont généralement dommageables à l’environnement.

"Ces solutions artificielles sont coûteuses et ne font qu’augmenter la pression financière sur notre société et la dégradation de notre environnement. Cette perte de qualité d’environnement représente un coût social et économique considérable. D’après des experts, nous perdons 3% de notre produit intérieur brut par la perte de la biodiversité. Chaque année, l’Europe perd ainsi 450 milliards d’euros", conclut la doctorante.