Le ministre de l’Intérieur a demandé hier l’ouverture d’une enquête sur le traitement de la manifestation nationale.

Et voilà 200 ou 300 casseurs responsables d’un désastre qui font trembler le royaume et provoquent l’intervention du ministre de l’Intérieur. Hier, Jan Jambon (N-VA) a demandé l’ouverture d’une enquête sur la manière dont a été mené le maintien de l’ordre autour de la manifestation nationale de jeudi dernier, à Bruxelles, qui a fait 112 blessés dans les rangs des policiers.

Vendredi et durant tout le week-end, les coups ont fusé de toutes parts, avec pour cible principale le bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur, chef de la police locale, et premier responsable.

Les syndicats (Sypol, SLFP, CSC) s’en sont donnés à cœur joie, relayant les accusations révélées vendredi par la DH. En effet, plusieurs sources nous avaient annoncé que des renforts avaient été refusés aux policiers de terrain qui se prenaient pavés et coups multiples.

Le bourgmestre Mayeur nie catégoriquement ces accusations (lire notre interview ci-contre). Mais il reconnaît que les autorités étaient au courant depuis bien longtemps que des dockers d’Anvers, armés et imbibés, allaient se rendre à Bruxelles pour y faire le coup de poing en queue de manifestation.

Pendant ce temps, sur les réseaux sociaux, de nombreux policiers blessés durant la manifestation se sont exprimés, faisant part de leur amertume, ironisant sur le rôle du bourgmestre.

Maintenant, l’affaire va se jouer devant la justice. Sur plusieurs plans. D’abord, avec la mise en cause des casseurs impliqués dans les débordements.

Ensuite, sur les plans pénal et administratif avec le questionnement des méthodes utilisées par la police pour gérer les 120.000 participants à la manifestation nationale de jeudi dernier.

En attendant, les grands perdants de l’histoire sont certainement tous les autres manifestants, ces 120.000 participants dont le message a été complètement brouillé par ces quelques casseurs qui ont, aujourd’hui, sûrement l’impression d’avoir bien réussi leur coup.