Après Molenbeek, c’est au tour de Schaerbeek d’être ciblé pour son rôle de base arrière dans les attentats de Paris.

"Il a tenu un rôle énorme dans les attentats de Paris", révèle une source haut placée proche de l’enquête au sujet de Mohamed Bakkali.

Le Bruxellois de 28 ans, soupçonné de terrorisme, a déjà été mis en relation avec la découverte d’une planque à Auvelais mais serait également le locataire de l’atelier schaerbeekois où ont été confectionnées les ceintures explosives et où Salah Abdeslam s’est planqué après les attentats.

"L’appartement était loué sous un faux nom par un suspect qui se trouve en prison", dit-on au parquet fédéral qui ne peut pas confirmer officiellement le nom de Bakkali.

Le jeudi 26 novembre, la police a interpellé Mohamed Bakkali à Bruxelles et sa famille à Ensival, près de Verviers. Avec son arrestation qui a été prolongée de trois mois fin décembre, les enquêteurs semblent avoir coffré une figure centrale.

Le même jour , en effet, ils découvraient à Auvelais la planque où les terroristes avaient caché du matériel pour fabriquer les ceintures d’explosifs de Paris. "Une cave sèche, c’est ce qu’ils recherchaient", avait expliqué le propriétaire.

Aux voisins, les deux locataires d’origine marocaine avaient précisé qu’ils venaient de Schaerbeek. Le contrat de location avait été signé avec une fausse carte d’identité belge au nom de Soufiane Kayal.

Lui et son compagnon, qui utilisait le nom de Samir Bouzid comme alias, sont considérés comme les coordinateurs des attentats de Paris, en contact avec les terroristes du Bataclan et Abdelhamid Abaaoud.

Une autre figure avait été aperçue près de la maison d’Auvelais : Mohamed Bakkali. "Sa voiture passait et repassait près de la maison", disent les enquêteurs. "Bakkali a un rôle qui n’est pas à sous-estimer dans la planification et la préparation des attentats", confirme une source haut placée.

Son nom a été lié à l’appartement de la rue Henri Bergé à Schaerbeek où les ceintures d’explosifs ont été assemblées en vue des attentats de Paris.

"Durant la perquisition, on a trouvé des traces d’explosifs servant à fabriquer des bombes, trois ceintures d’explosifs vides et une empreinte de Salah Abdeslam."

Cette empreinte indique que l’homme le plus recherché du pays a utilisé l’atelier comme planque après les attentats.

Après que Salah ait été ramené de Paris à Bruxelles par Mohamed Amri et Hamza Attou, il a acheté de nouveaux vêtements et un nouveau GSM. En outre, il s’est fait couper les cheveux.

Après quoi, c’est Ali Oulkadi qui est venu chercher Salah dans le centre-ville et l’a conduit rue Royale Sainte-Marie à Schaerbeek. À distance de marche de la rue Henri Bergé où Abdeslam s’était probablement déjà rendu auparavant.

Il est vraisemblable que la ceinture d’explosifs qui a été retrouvée dans un quartier de Paris a été fabriquée dans cet appartement alors que les détonateurs avaient été achetés par Salah lui-même dans une fabrique de feux d’artifice à Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Nord de la France. "Les pièces du puzzle commencent à s’assembler mais il en manque encore", expliquent les enquêteurs . "Salah est toujours en fuite mais nous avons désormais une bonne vue d’ensemble du réseau terroriste qui est responsable du bain de sang à Paris."

Ce n’est en tout cas pas de cet appartement qu’ont été échangés les coups de fil au moment des attentats entre les terroristes à Paris et leurs coordinateurs à Bruxelles. "La borne activée ce soir-là se trouve à un kilomètre, voire à un kilomètre et demi de là et elle n’a qu’une portée de 500 mètres en ville", nous indique une source proche des services de renseignements français.