Son ADN a été retrouvé sur le cadavre de la victime.

Toute cette dévotion à son employeur, un peu trop beau pour être vrai ? Ou cette présence "H 24" avec lui suscite-t-elle d’office des interrogations ? Les questions des jurés ont en tout cas déferlé mercredi soir lorsque l’homme de compagnie de Debouvrie a été entendu comme témoin.

Celui-ci a expliqué qu’en 2008 il était "H 24" avec le "roi de l’Îlot sacré". Le vieil homme riche, propriétaire de la plupart des restaurants des abords de la Grand-Place de Bruxelles, l’avait engagé pour s’occuper de lui.

Environ trois semaines avant qu’on découvre Debouvrie mort, égorgé dans son bureau de la petite rue des Bouchers le 10 septembre 2008, l’employé avait quitté ses fonctions.

"Je faisais sa lessive, son repassage, ses courses… Je m’occupais de son chat, de ses fleurs… Je le massais le soir", a expliqué le témoin. "J’habitais avec lui. Je dormais dans la même chambre que lui, mais pas dans le même lit" , a -t-il dit, précisant qu’il savait que Debouvrie était homosexuel mais que leurs relations n’étaient que professionnelles.

"Je voyais en lui un vieil homme qui avait besoin d’aide. Et lui, il m’a appris beaucoup de choses. Je me sentais fier de travailler pour lui malgré tout ce qu’on disait de cet homme. Je n’avais pas honte de ce que je faisais", a-t-il confié.

"En août 2008, je suis parti car je voulais passer du temps avec ma petite amie mais Monsieur Denis et moi n’avons jamais rompu les liens", a-t-il assuré, contestant les allégations selon lesquelles Debouvrie l’avait mis à la porte avant de changer ses serrures.

Des louanges au "roi", les débats ont viré aux questions incisives des jurés. C’est que le témoin laisse entendre quelques incohérences… Il parle d’un appartement ultrasécurisé mais indique que Debouvrie laissait toujours la grille devant son bureau ouverte. Il déclare que Debouvrie avait du mal à marcher, mais il dit aussi qu’il faisait de la boxe avec lui. Il déclare encore qu’il nettoyait aussi le bureau puis affirme que Debouvrie ne voulait pas qu’on y pénètre.

Le témoignage a laissé perplexe… Pourtant, l’enquête a révélé que ce jeune homme qui a veillé au bien-être de la victime n’était pas à Bruxelles le jour supposé du crime. Quant à la présence de son ADN sur le cadavre, le témoin ne peut l’expliquer que par le fait qu’il avait vécu chez Debouvrie.

Un seul homme est accusé du meurtre d’Adrien-Denis Debouvrie : Tarek Ladhari, l’un de ses locataires. Ce dernier nie cependant toute implication et plaidera l’acquittement.