La chambre du conseil de Dinant a statué ce mardi matin.

Frédéric V. a été reconnu comme étant l’auteur d’un assassinat et de trois tentatives d’assassinat, par empoisonnement, commis entre janvier et septembre 2017. La chambre du conseil reconnaît également qu’il n’est pas responsable de ses actes. Il souffrait de graves troubles mentaux au moment des faits et en souffre encore aujourd’hui. Il ne sera pas jugé ni déclaré coupable. Il sera interné dans un hôpital psychiatrique.

"La chambre du conseil estime qu’il a empoisonné une résidente de la maison de repos de Meux et qu’il a tenté d’en empoisonner une autre, ainsi que deux autres personnes dont il s’occupait dans le cadre privé de sa profession", a signalé le parquet de Namur.

Frédéric V., cet infirmier indépendant de Fosses-la-Ville, est placé sous mandat d’arrêt depuis le 14 septembre 2018. Il est depuis détenu dans l’aile psychiatrique de la prison de Namur.

À la base, des témoignages évoquaient 17 cas d’empoisonnement de patients. Le parquet s’est penché sur 10 cas pour finalement l’inculper d’un meurtre et de trois tentatives de meurtre, chaque fois par empoisonnement (ce qui induit la préméditation).

La victime, décédée le 4 septembre, avait 87 ans. Elle était résidente au home La Méridienne à Meux, où Frédéric travaillait à mi-temps tout en ayant d’autres patients par ailleurs. Elle avait été hospitalisée à Namur le matin du jour de sa mort. Elle n’était pas diabétique. Elle était en parfaite santé même.

Les quatre cas suspects ont été détectés soit à La Méridienne soit à Namur. Lors de l’assassinat, c’est à coups d’injection d’insuline que Frédéric V. a agi. Pour les trois tentatives, c’est plus trouble. On évoque "des substances qui peuvent donner la mort".

Deux expertises psychiatriques le reconnaissent comme non responsable de ses actes. Il souffrait, au moment des faits, de troubles mentaux graves qui ont aboli ou fortement altéré sa capacité de discernement. Et il en souffre encore aujourd’hui. Le parquet réclamait donc son internement.

"Il constitue encore un danger pour autrui, a précisé le parquet de Namur. En prenant cette décision, la chambre du conseil a statué sur le fond. Au civil, cela ouvre la possibilité aux parties civiles d’obtenir réparation."

La chambre du conseil a ordonné son transfert dans un hôpital psychiatrique sécurisé.

Dans ce dossier, il y a deux familles qui se sont portées partie civile, dont la famille de la personne décédée, ainsi que la Méridienne.

" Nous ne pouvons que subir cette décision suite aux affres de cette personne au sein de notre institution", réagit Jean-Paul Demeuse, administrateur-délégué de la Méridienne. "Nous pensons aux familles des victimes. Toutes les équipes du personnel ont également été fortement touchées par cette affaire. Un accompagnement psychologique a été nécessaire. L’enquête a été correcte, nous avons été mis hors cause. Ce n’est pas notre métier d’être confronté à ce genre de situation. "