Faits divers À Ali Oulkadi, désormais en prison, l’ennemi public n’a cessé de demander à combien s’élevait le nombre de morts à Paris.

Comme la DH vous le révélait déjà hier matin, c’est à Schaerbeek que Salah est allé se cacher au lendemain des attentats de Paris.

C’est là, qu’il a demandé à l’un de ses chauffeurs, Ali Oulkadi, de le déposer dans l’après-midi du samedi 14 novembre dernier. Ce qu’Olivier Martins, l’avocat du chauffeur a d’ailleurs confirmé hier à l’issue de la chambre du conseil devant laquelle Ali Oulkadi comparaissait. Ce dernier reste inculpé de participation à des attentats ainsi qu’aux activités d’un groupe terroriste.

Le pénaliste Olivier Martins a plaidé la libération de son client, insistant sur le fait qu’il n’a aucun antécédent judiciaire, qu’il n’est en rien impliqué dans les actes perpétrés le vendredi 13 à Paris et qu’il n’a rien d’une personne radicalisée. "Mon client a simplement servi de chauffeur à Salah Abdeslam, ignorant d’ailleurs totalement que c’est lui qu’il allait véhiculer le jour où on lui a demandé de se rendre à Bockstael."

Il est midi ce jour-là. Le lendemain des attentats de Paris.

À ce moment, le grand public ne connaît pas encore l’implication des frères Abdeslam dans le drame survenu la veille.

Ali Oulkadi reçoit un appel sur son GSM. Un ami lui demande de se rendre à 13 h, place Emile Bockstael.

L’ami, c’est… Hamza Attou

Cet ami n’est autre qu’Hamza Attou, ce Molenbeekois qui, avec Mohamed Amri, est allé chercher Salah à Paris, dans la nuit des attentats.

"Arrivé sur place, il constate que son ami est en présence de Salah, qu’il ne reconnaît d’ailleurs pas tout de suite, car il porte un bonnet. Les deux hommes montent à bord du véhicule conduit par mon client. Salah lui demande d’aller à gauche, puis à droite, puis à gauche et ainsi de suite", poursuit Olivier Martins.

Au bout de quelques minutes, Hamza Attou demande à descendre du véhicule.

Non loin du Heysel. Ali et Salah se retrouvent donc à deux.

Dans la voiture, Ali Oulkadi, qui connaît bien Brahim Abdeslam, demande des nouvelles de celui-ci à son frère.

"Brahim, tu ne le reverras plus !", s’exclame Salah avant d’ajouter : "Il a tué des gens et il s’est fait tuer." Le tout sur un ton particulièrement nerveux.

Ali est, affirme son avocat, sous le choc de cette nouvelle. Salah lui demande de s’arrêter dans un débit de boissons.

Selon nos infos, tout au long de cette pause-café, Salah ne cessera de demander à Ali Oulkadi, quel est le dernier bilan des victimes des attentats de Paris.

Son obsession à cet instant : connaître le nombre exact de personnes tuées par les terroristes.

Il est 14 h ce samedi-là.

Après environ une heure passée avec Salah, Ali Oulkadi le dépose à Schaerbeek.

Il assure ne plus souvenir de l’endroit exact où l’homme le plus recherché d’Europe est descendu de la voiture. Un secret gardé par Ali Oulkadi, jusqu’à son arrestation dimanche soir, par la PJF de Bruxelles. "On lui a déconseillé de se rendre et du coup, il ne l’a pas fait", affirme encore Olivier Martins, assurant que son client n’a fait que jouer les chauffeurs, le regrettant amèrement aujourd’hui.

Ce vendredi en fin de journée, le mandat d’arrêt d’Ali Oulkadi a été prolongé d’un mois, a annoncé le parquet fédéral.

De quoi faire bondir l’avocat Martins qui, fera appel de cette décision, dès lundi matin.