Quatre renvois en correctionnelle pour l'incendie de la voiture de son chef de cabinet, Lambert Verjus

BRUXELLES Le 18 juillet 1991, quelques heures avant l'assassinat d'André Cools, la voiture de Lambert Verjus chef de cabinet d'André Cools puis d'Alain Van der Biest est incendiée. Un premier expert conclura à un incendie accidentel. Mais une deuxième expertise permettra de découvrir, sous le capot de la XM carbonisée, un pain de plastic qui n'a pas explosé. L'enquête s'oriente alors vers un attentat contre la personne physique de Lambert Verjus. Mais cette qualification a été abandonnée en cours de route.

Hier, c'est pour incendie volontaire et association de malfaiteurs que Joseph Denée, son ancien employé Giovanni Conte, et les deux Siciliens Carmelo Mendola et Franco Montelepre. Le premier est un entrepreneur flémallois, puissant chef d'entreprise et très proche d'André Cools. Il est considéré comme le commanditaire. Giovanni Conte est le premier homme de main. Les deux derniers seraient des exécutants de plus petite envergure.

Un troisième larron, Sandro Russo, avait lui aussi été suspecté, mais il s'est suicidé en 1993 Si les trois premiers ont reconnu leur participation à l'incendie, Joseph Denée a toujours nié les faits.Selon les enquêteurs, le mobile se trouvait dans le milieu des déchets. Via une de ses sociétés, Denée se serait intéressé à l'extension de la décharge d'Hallembaye (Oupeye). Or, Lambert Verjus, échevin de la localité, s'opposait à cet agrandissement.

Une deuxième piste a conduit la justice vers le mobilophone qui se trouvait dans le véhicule incendié. Des ordres très clairs auraient en effet été donnés par Conte aux exécutants. Lambert Verjus ne devait pas être touché personnellement et la voiture privée du président de la fédération ne devait pas être visée. Seule la voiture que l'ancien chef de cabinet avait conservée, une Citroën XM, devait être détruite.

Aucune des deux pistes n'a cependant jamais été corroborée, le mobilophone ayant été vidé de sa mémoire.Outre l'incendie, Denée et Conte seront aussi poursuivis pour avoir négocié un contrat sur la tête de José Happart, en 1993, et tiré des coups de feu en direction de la maison de Vincent Bourlard, en 1992. Celui qui est actuellement président du Conseil d'administration de la Spaque était alors président de la société d'aide à l'environnement.