Faits divers

240 auteurs de graffitis ont pu être interpellés en 2007 grâce à la taguothèque de Polbru

BRUXELLES Toute la journée, des images de tags défilent devant leurs yeux. Entre 20 et 30.000 photos de graffitis en tout genre leur sont envoyés chaque année. Leur mission : identifier les auteurs de ces dessins qui envahissent les façades du centre de la capitale. Le travail minutieux de l'inspecteur Mahieu et son collègue Didier Guinnot a permis d'interpeller 240 tagueurs en 2007. Les deux hommes sont responsables de la taguothèque du service ADM (pour direction administrative) de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles. Ils ont accepté de nous montrer leur manière de procéder. "Dès qu'un procès-verbal est dressé pour un tag ou un graffiti, l'image de celui-ci est enregistrée dans notre taguothèque. Nous vérifions alors si la signature est déjà dans notre banque de données. Si c'est le cas et que l'auteur de cette signature est déjà connu, cela nous permet de directement l'identifier. Si l'auteur de la signature n'est pas encore connu, nous vérifions si sa signature figure parmi les nombreux tags enregistrés dans notre taguothèque", précise l'inspecteur Mahieu.

Et son collègue de poursuivre : "80 % des tagueurs récidivent. Certains signent de 30 manières différentes mais on arrive presque toujours à déchiffrer leur code. Il faut faire les différences entre les vrais tagueurs, qui signent toujours leurs dessins, et les tagueurs politiques. Ces derniers ne taguent qu'une ou deux fois des inscriptions style BHV, de Bruxelles-Hal-Vilvorde, ou encore des insultes. Les autres, les tagueurs récidivistes, utilisent le tag comme une drogue. Ils ont besoin de cette poussée d'adrénaline. De plus en plus d'entre eux utilisent de l'acide pour taguer. Ce qui est très dangereux pour eux mais aussi pour ceux qui nettoient leurs dégâts", regrette Didier Guinot. Les deux hommes connaissent bien les habitudes des tagueurs : "Un tagueur reviendra quasi toujours le lendemain à l'endroit où il a fait son tag pour photographier ce qu'il considère comme son art. Après les vacances scolaires, nous avons souvent une recrudescence de tagueurs. Parfois, certains restent inactifs pendant dix ans, puis s'y remettent. Le fait qu'ils soient dans notre banque de données permet immédiatement de les identifier", conclut l'inspecteur Mahieu.



© La Dernière Heure 2008