Faits divers

La police a séduit des jeunes, surtout des filles, en présentant une scène de crime à la Young talent in action.

Parce que “chaque jeune au chômage en est un de trop”, c’est le slogan de cette année, la FEB a lancé ce lundi la troisième édition de Young talent in action. L’événement organisé à Bozar a attiré de nombreux jeunes de 17 à 27 ans, venus découvrir les coulisses des métiers qu’ils pourraient prochainement exercer. Parmi les employeurs présents, la police fédérale a fait sensation auprès de ce jeune public. Plus de 200 participants ont tenu à assister à l’atelier crim’, organisé par l’équipe de Jean-Michel Le Moine, le commissaire à la tête de la section Crime de la police judiciaire fédérale (PJF) de Bruxelles.

“C’est un métier d’avenir ! Il y aura toujours des homicides”, ironise le commissaire, surpris de voir une majorité de filles dans l’assemblée. “Elles ont bien compris avec cet atelier qu’on ne se présente pas sur une scène de crime avec des talons aiguilles et des lunettes de soleil sur la tête, comme dans les séries”, commente Jean-Michel Le Moine. Pas de quoi freiner ce jeune public, que du contraire. C’est plutôt la question du salaire qui intéressait les recrues potentielles. Mais là, les réponses des enquêteurs de la Crime de la PJF de Bruxelles semblent avoir satisfait ceux que la police espère voir devenir de futurs candidats. “Nous recherchons 2.000 collaborateurs chaque année à différents niveaux de la police et cet événement est l’occasion de montrer une partie souvent méconnue du métier”, commente la responsable du recrutement à la police fédérale, Dominique Van Ryckeghem.

Ne devient cependant pas enquêteur de la Crime, qui veut. Pour bien résoudre des homicides, il faut compter dix ans d’expérience minimum. “Et comme la moyenne d’âge des enquêteurs de notre section est de 48 ans, il est plus urgent que jamais de voir des jeunes se lancer dans cette carrière. On veut assurer la pérennité du service”, précise le commissaire Jean-Michel Le Moine, confirmant un sous-effectif non négligeable au sein de son équipe.

Sans un minimum de vécu et une bonne dose d’amour du métier, difficile toutefois de ne pas craquer quand le quotidien est fait de scènes de crime et de recherche de meurtriers. “Après 30 ans de métier, je suis toujours aussi passionné qu’au premier jour. Mais c’est sûr qu’on ne se lance pas dans cette voie par hasard et que chaque affaire non résolue devient une cicatrice à vie”.

Enfin, pour ce qui est des méthodes utilisées pour résoudre les affaires criminelles, ce n’est pas parce qu’elles ont évolué, que les meurtriers sont plus faciles à démasquer. “Les techniques évoluent mais les criminels aussi. On arrive toujours par définition, après eux. Ils sont également plus nombreux à faire usage du droit de se taire. Cela ne facilite pas toujours le travail”.