Un projet de patrouilles communes avec nos voisins français avait pourtant vu le jour mais n'est plus en activité

BRUXELLES " Il n'y a pas assez d'agents belges pour prévoir des patrouilles transfrontalières entre notre pays et la France", constate le président de la section flamande des syndicats de police, Florent Platteeuw. Le projet, pourtant lancé il y a quelques années, a ainsi perdu tout son sens. Hier encore, des vandales poursuivis par la police belge ont éprouvé un malin plaisir à narguer nos inspecteurs une fois qu'ils avaient passé la frontière belgo-française. En effet, dès que la limite entre les deux pays est franchie, nos policiers ne peuvent plus les poursuivre.

C'est pour cette raison que le projet de patrouilles transfrontalières avait été lancé. Mais rapidement, il est apparu que le manque d'agents serait un obstacle à cette collaboration. Les accords de Schengen prévoient que les policiers belges peuvent dépasser les frontières et arrêter des malfrats dans d'autres pays. Ils en ont ainsi la compétence aux Pays-Bas ou encore en Allemangne. Mais pour ce qui est de l'Hexagone, un obstacle majeur les en empêche : la Constitution française. Elle interdit aux agents d'autres pays d'arrêter qui que ce soit sur son territoire. Il y a cinq ans, le gouvernement belge avait convenu avec l'Etat français de modifier cette loi. Naissait ainsi ce projet de patrouilles communes. "Les premières semaines qui ont suivi ce projet, les patrouilles étaient bel et bien opérationnelles, commente le commissaire Dominique Demey. Mais leur nombre a rapidement diminué au fil du temps".

Du côté du cabinet du ministre de l'Intérieur Patrick Dewael, on reconnaît que le projet n'a pas suivi efficacement son cours. "Nous attendons un changement de la loi du côté de nos voisins pour que nos policiers puissent enfin être compétents sur le territoire français", commente le porte-parole Paul Van Tigchelt.



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