Faits divers Après "SS", "HH" (Heil Hitler) et "EVA-SS", la DIV a délivré "JOOD" et "AH" (Adolf Hitler).

La Ligue belge contre l’Antisémitisme n’engagera pas de procès devant les tribunaux pour obtenir la radiation de plaques d’immatriculation personnalisées polémiques délivrées par la DIV, selon son président Joël Rubinfeld contacté hier.

La LBCA avait lancé le débat début janvier après avoir constaté que la Direction Immatriculation des Véhicules avait autorisé la mise en circulation de plaques personnalisées immatriculées SS, EVA-SS, HH (Heil Hitler) dont elle dénonçait la référence (volontaire ou pas) au nazisme ou au salut nazi.

La polémique n’est pas prête de désenfler avec la délivrance par la DIV de l’immatriculation JOOD (JUIF, en français), pour la première fois vue le 19 janvier 2016. La DIV a aussi délivré l’immatriculation AH. "Même s’il s’agit des initiales du propriétaire, on ne peut pas nier la référence naturelle à Adolf Hitler et au IIIe Reich", regrette Joël Rubinfeld qui cherche en vain un autre pays où cela serait autorisé.

SS circule depuis novembre 2014 sur une Mercedes GL 320 CDI; AH depuis janvier 2015 sur une Porsche Macan, HH depuis avril suivant sur une Ferrari; EVA-SS est apposé depuis au moins novembre sur une Porsche Cayenne et JOOD circule sur une VW Golf depuis douze jours, en dépit de la polémique.

La semaine passée, la ministre fédérale de la Mobilité rappelait bien à propos qu’il y avait derrière tout cela un aspect financier à ne pas négliger. Pas moins de 5.846 plaques minéralogiques personnalisées ont été délivrées en 2015 et ces personnalisations ont rapporté 21,6 millions d’euros à l’État en cinq ans. Le succès est lié à la très grande liberté de choix laissée par la DIV.

Quant aux protestations de la LBCA, le SPF Mobilité déclare que seuls une plainte et un jugement peuvent permettre la radiation d’une plaque litigieuse.

La LBCA ira-t-elle en justice ? Pour Joël Rubinfeld, "c’est regrettable que le SPF Mobilité rejette ainsi la balle dans le camp du pouvoir judiciaire. C’est manquer de vision et du sens des responsabilités. C’est la porte ouverte à tous les dérapages. Je n’ose imaginer pour quoi on passerait auprès de nos voisins européens s’il advenait qu’une personne ait l’idée d’immatriculer sa voiture DAECH (à ce stade, l’immatriculation n’est pas encore attribuée, NdlR)."

Mais pour ce qui la concerne, la LBCA renonce à porter le débat devant les tribunaux et demander en justice - devant quel tribunal ? Le Conseil d’État ? - la radiation de plaques polémiques.

Crédit: Licenceplate.be

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