"C'est la dernière fois qu'on se parle Jonathann. J'ai besoin de savoir. (...) Je pense qu'Alexia voulait s'en aller, c'est pour ça que tu l'as tuée ?", a interrogé Isabelle Fouillot qui s'est directement adressée d'une voix douce à son ancien gendre, refusant de concevoir que sa fille ait été tuée pour "de simples mots...".

"Non", a catégoriquement répondu Jonathann Daval qui avait reconnu jeudi pour la première fois avoir volontairement "donné la mort" à son épouse "pour qu'elle se taise", en l'étranglant à l'issue d'une dispute conjugale.

"C'est une dispute Isabelle, faut le croire, c'est une dispute. (...) J'ai perdu pied. Tout est ressorti en moi, toutes ces années de colère, que j'ai emmagasinées, ces reproches", a imploré l'homme de 36 ans. "On s'aimait".

Malgré l'image de "couple idéal" affichée à l'extérieur, le couple Daval connaissait de vives tensions, alors qu'il rencontrait des difficultés pour concevoir un enfant.

"Tu as détruit Alexia et tu nous a détruits aussi"

Au cours des débats, Jonathann a affirmé s'être senti "humilié" par "les reproches" de son épouse sur ses "problèmes d'érection" et son comportement, laissant la jeune femme de 29 ans seule face à son désir contrarié d'enfant.

"Quel gâchis. Tu as détruit Alexia et tu nous a détruits aussi", a lâché Mme Fouillot, lui demandant une dernière fois s'il a quelque chose à dire. "Je suis désolé", répond l'accusé. "C'est tout? Alors je te souhaite un bon séjour en prison Jonathann. Adieu", a lancé froidement Isabelle Fouillot, d'un ton ferme.

"Vous comprenez que la famille d'Alexia veut la vérité, mais elle n'est pas capable d'entendre votre vérité", a constaté après cette échange d'une rare intensité Me Randall Schwerdorffer, se tournant vers le box de l'accusé.

Pour son autre conseil, Me Ornella Spatafora, les explications de Jonathann "sont cohérentes".

En début d'audience, la cour avait diffusé l'ancienne confrontation entre Jonathann Daval et son ancienne belle-mère, au cours de laquelle Mme Fouillot lui avait arraché de nouveaux aveux. La mère d'Alexia a ensuite été autorisée à adresser la parole à l'accusé, ce qu'elle attendait depuis le début de ce procès très médiatisé lundi.

"Pourquoi vous avez pas divorcé ? (...) Pourquoi tu n'es pas venu nous voir si ça n'allait pas ?", a-t-elle sermonné le jeune homme qui avait été qualifié la veille d'"immature" par les experts.

"C'est trop facile de dire que c'est pour des mots, pour une morsure", a-t-elle poursuivi, "si toutes les femmes qui font ça devaient mourir..."

Très éprouvé par l'échange avec son ancienne belle-mère, qu'il appelait "maman", Jonathann Daval a admis ses "responsabilités" dans la situation du couple. Il a confié ne pas avoir "compris tous les messages" d'Alexia qui essayait de "le faire réagir" et de le "ramener vers elle", selon ses proches.

"Elle s'est tue à jamais, Alexia", a poursuivi Mme Fouillot : "Je n'entendrai plus son rire, elle ne connaîtra jamais sa nièce, Tessa, qui a 11 mois, elle ne verra plus son neveu James".