Brigitte et Willy voulaient un bébé à tout prix. Ils sont tombés dans le piège d’une pseudo-mère porteuse


BLÉGNY Mariés depuis huit ans, Brigitte et Willy ne s’en cachent pas : un bébé à tout prix, c’était leur rêve le plus cher. Ils s’imaginaient pouvoir enfin le concrétiser mais tout ce qu’ils ont alors pu réaliser, c’est qu’ils venaient d’être… les victimes d’une escroquerie !

Le couple, conscient d’avoir eu recours à des méthodes contraires à l’ordre public mais pas illégales pour autant (voir ci-contre), nous raconte sa mésaventure.

C’est en 2006 que Brigitte et Willy décident de lancer une petite annonce sur Internet, à la recherche d’une femme qui accepterait de porter leur enfant. “Nous avions déjà réalisé quatre inséminations artificielles, sans succès. J’ai encore eu trois fausses couches après cela. Alors, on a mis une annonce sur un site belge. Plus de quinze candidates ont répondu. Nous avons fait notre sélection. Nous avons d’abord reçu ici à la maison une dame de 35 ans. C’est l’âge limite que nous acceptions. Nous l’avons invitée à souper. Elle venait de Charleroi. Elle demandait 25.000 euros mais nous avons décliné son offre”, précise Brigitte.

“Ensuite, nous sommes allés avec une autre candidate à la clinique de Rocourt mais les médecins ont refusé le transfert d’embryons. Plus tard, nous sommes allés avec une autre candidate belge de Verviers dans un hôpital liégeois. Mais nous avons changé d’avis parce qu’elle commençait déjà à nous demander de l’argent pour nourrir sa fille. Nous ne voulions payer que les frais médicaux liés à la grossesse.”

Toujours à la recherche désespérée d’une mère porteuse, le couple finit par rencontrer une jeune Française sur Internet.

“Elle a répondu à notre annonce et nous avons correspondu pendant plusieurs mois par e-mails et par téléphone. Sarah nous avait dit qu’elle avait 30 ans, qu’elle avait de faux jumeaux, dont elle nous montrait les photos. Elle nous avait même montré son appartement via la webcam. En principe, c’était elle qui devait venir chez nous mais, à chaque fois, elle avait des empêchements. Finalement, nous nous sommes rendus à Paris le 14 août 2007. Le rendez-vous était fixé dans un hôtel. Nous nous étions arrangés pour réaliser une insémination artisanale. Sarah était d’accord que je lui injecte, à l’aide d’une seringue, le sperme de mon mari dans la chambre d’hôtel. Mon mari était là. En échange, nous devions lui donner un acompte en liquide de 10.000 euros sur la somme totale de 25.000 €, le reste versé à la naissance.”

Le couple, qui sait que son contrat est totalement interdit en France, fera quand même signer une reconnaissance de dette à la jeune femme. Une sorte d’assurance qui n’en est guère. Deux semaines plus tard, la jeune Française leur annonce qu’elle est indisposée et que, par conséquent, l’insémination a échoué. “Nous avions gardé contact avec elle. Elle nous promettait de retenter l’expérience plus tard. En octobre 2007, mon mari a été victime d’un accident de voiture. Nous avions besoin d’argent pour les frais médicaux et j’ai donc demandé à Sarah de me rendre les 10.000 €. Elle m’a dit qu’elle allait faire le nécessaire immédiatement. Depuis lors, je n’ai plus eu de nouvelles d’elle. Son numéro fixe est coupé. Son portable de même. Nous avons également réalisé qu’elle nous avait donné une fausse adresse.”

Depuis lors , le couple a pris un avocat et a porté plainte contre la jeune femme qui prétextait être aide-soignante dans une maison de retraite. “Cette expérience nous a traumatisés. Nous avons 47 ans tous les deux à présent. On estime qu’on est trop âgés pour lancer une procédure d’adoption. On abandonne ce projet et on tente d’en avoir d’autres à deux, comme la rénovation de la maison,…”


© La Dernière Heure 2010