Faits divers L’officier de garde aurait pu demander à la première équipe de neutraliser la camionnette, avant qu’elle ne démarre.

La nuit du 17 mai 2018 a marqué la Belgique, de par le sort tragique réservé à Mawda, âgée de deux ans. Cette nuit-là, Mawda, ses parents et son frère embarquent dans une camionnette de type Peugeot Boxer, conduite par un passeur. Le but, non pas de rejoindre l’Eldorado, mais bien de fuir la guerre, d’aspirer à un avenir moins sombre. La fin, on la connaît, hélas. Lors de la course-poursuite, Mawda décédera des suites d’une balle perdue.

Mais ce qu’il s’est réellement passé durant cette tragique course-poursuite entre les équipes de la police de la route (WPR) et la camionnette n’a jamais véritablement filtré, hormis lors de la contre-enquête menée par notre confrère Michel Bouffioux dans Paris Match. Sur base des différentes auditions au cours de l’instruction, nous sommes en mesure de retracer, fidèlement, ce qu’il s’est déroulé cette nuit du 17 mai 2018, notamment dans l’habitacle du véhicule de police d’où provenait le tir.

Tout débute sur l’aire d’autoroute de Spy, où une première équipe de la WPR Namur aperçoit une camionnette blanche, entourée de plusieurs personnes. Le comportement est suspect, l’un des deux policiers passe la plaque (comme on le dit dans le jargon policier) pour identifier le propriétaire, mais aussi pour prendre attitude auprès de l’officier de garde.

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