Les autorités réfutent les accusations : la Région n’est pas responsable du chaos qui a régné sur les routes vendredi.

Les chutes de neige ont provoqué, vendredi, de nombreux ralentissements sur les routes. Sur certains tronçons, la circulation était même à l’arrêt. La neige, prévue, a semé le chaos. Et, comme souvent, la gestion du réseau routier et la conduite des automobilistes ont font la une des journaux. Pourquoi a-t-on eu des difficultés sur la route ? Qui est responsable ?

Pour les politiciens et le Service Public de Wallonie (SPW), il n’y a rien à se reprocher. Il s’agit, dit-on, d’un "regrettable concours de circonstances." "Nous ne sommes pas responsables de la situation chaotique" , ajoute-t-on.

Du côté du cabinet du ministre wallon des Travaux publics Maxime Prévot (CDH), on explique qu’il y a plus de 1.000 hommes sur le terrain qui se sont relayés 24/24h avec 600 engins de type chasse-neige et épandeuses. Un épandage préventif (3 heures avant) et un curatif (pendant la chute de neige) ont été "bien réalisés".

À la Direction générale Routes du SPW, on bouillonne. "On a été pointés du doigt et ce n’est pas à juste titre", regrette Laurence Zanchetta, porte-parole du service.

"On est prêts, comme tous les ans, du 15 octobre au 15 avril. Qui n’a pas croisé d’épandeuses vendredi ? La neige n’était pas une surprise. Tout le personnel et le matériel ont été mobilisés et ce, 24 heures sur 24. Que les camions mettent du leur aussi ! Certains chauffeurs de poids lourds ont une conduite imprudente. Des épandeuses ont été coincées dans les bouchons."

"Quand j’entends que des camions ont tenté de dépasser, sur la voie rapide, des déneigeuses qui travaillaient côte à côte, c’est de l’inconscience", dit-elle. "À un moment donné, les camions ont été interdits sur un tronçon de la E25 !"

La porte-parole précise que les équipes veillent. Elles sont conscientes des températures négatives annoncées pour la semaine.

"Le service se poursuit. Les équipes de terrain évaluent la situation. Il n’y a pas eu manquement de notre part. Nous parlons pour la Région, les communes sont certainement un peu moins équipées", ajoute-t-elle.

Pour éviter le chaos, elle suggère aux automobilistes de se renseigner avant de prendre la route afin d’éviter des axes bloqués.


En province de Liège, la situation reste chaotique

Le plan d’urgence a été maintenu tout le week-end. Des foyers restent privés d’eau et d’électricité. La Mehaigne menace de déborder

Même si au cours du week-end, la situation s’est nettement améliorée, les habitants de la province de Liège, et plus particulièrement ceux de Hesbaye et de la petite commune condrusienne de Marchin, connaissent toujours les lourdes conséquences des chutes de neige de vendredi. Dimanche matin, 2.500 foyers étaient encore privés d’électricité et 600 habitations n’étaient toujours pas alimentées en eau courante. C’est ce qui a convaincu le Gouverneur de maintenir la phase provinciale du plan d’urgence. En fin de journée, 1.800 foyers étaient encore privés d’électricité.

La situation électrique se rétablit donc progressivement. L’opérateur du réseau de distribution d’électricité Résa assure mettre tout en œuvre pour que chacun récupère de l’électricité au plus vite. Au départ, 30.000 foyers étaient privés d’électricité. Des solutions transitoires et des réparations définitives ont permis à de nombreuses familles d’à nouveau être approvisionnées. La plupart étaient privées d’électricité depuis vendredi matin !

Ce week-end, 20 communes étaient partiellement concernées par ces coupures de courant. D’autres étaient plus particulièrement touchées. C’était encore le cas dimanche dans les communes de Braives, Burdinne, Héron, Faimes et Marchin.

Au niveau local, les communes avaient pour la plupart mis à disposition des habitants des salles où il était possible de se chauffer, de se restaurer et même de prendre une douche. Dans certaines communes, des dispositions ont très vite été prises pour permettre aux personnes privées d’électricité de se débarrasser du contenu de leurs réfrigérateurs et congélateur.

Reste qu’un autre danger menace la Hesbaye. La Mehaigne, un affluent de la Meuse, risque de déborder dans les localités de Braives, Wasseiges, Burdinne et Hannut. Des sacs de sable y ont été placés préventivement par les pompiers.


"Le pire dans l’histoire, c’est l’attente"

La commune d’Amay est l’une des communes de la province de Liège touchées par les coupures de courant. Geoffrey Willems est un habitant d’une des dernières rues où l’électricité y a refait son apparition, la rue Rochamps. Si cet habitant salue les services mis en place par la commune pour tenter de venir en aide aux personnes qui n’ont pu trouver de solution auprès de leur famille et amis, il est par contre remonté contre la communication du gestionnaire du réseau électrique, Résa.

"L’électricité était coupée depuis vendredi matin", explique Geoffrey Willems, qui dans un premier temps a pensé que tout serait réglé en quelques heures… La situation n’évoluant guère, il a pu, comme sa femme enceinte et leurs deux enfants, compter sur le soutien de proches. L’électricité n’étant toujours pas de retour samedi soir, il s’est résolu à appeler Résa. "Je n’ai pas eu de réponse à mes questions et j’ai fini par demander à l’opératrice à quoi servait ce numéro ?", explique encore cet Amaytois. Après avoir passé la soirée à l’extérieur, Geoffrey est rentré chez lui et s’est alors rendu compte que toutes les maisons du quartier, à l’exception d’un tronçon de la rue où il habite étaient éclairées. Il a alors appelé Résa. "L’opérateur a été étonné de mon appel car il n’y avait selon lui plus de problème à Amay", explique encore cet habitant qui a sollicité un de ses voisins afin qu’il appelle le même numéro pour lui aussi demander une intervention. Une demi-heure plus tard, l’électricité était de retour. "Le pire dans l’histoire, c’est l’attente, l’ignorance du délai", conclut Geoffrey Willems, qui compte bien adresser un courriel à la société.


"Avec le soleil et la neige, le paysage était magnifique"

Le premier week-end d’ouverture des centres de ski en province de Liège et de Luxembourg a attiré de nombreux skieurs et promeneurs.

La journée de dimanche enregistre une plus importante fréquentation que celle de samedi où il n’y avait pas eu de véritable ruée vers la neige…

"On a eu pas mal d’affluence dimanche. Contrairement à samedi, on a eu plus de skieurs. Samedi, c’était surtout des promeneurs qui avaient fait le déplacement", explique Alexandre Féchir, le responsable de centre de ski de Botrange.

En tout, ce sont 15 centres de ski qui étaient accessibles au public ce dimanche. Les promeneurs et skieurs ont pu profiter d’une journée aux conditions optimales.

"Il a reneigé cette nuit. Il y a a eu quatre ou cinq centimètres. Ça a permis de régénérer les pistes qui par endroits étaient gelées. Dimanche, il y avait 25 centimètres de neige. De plus, le soleil a percé. Avec le soleil et la neige, le paysage était magnifique", explique encore Alexandre Féchir.

Les promeneurs et skieurs venaient principalement de Flandre. Il y avait aussi de nombreux francophones, dont certains qui venaient du nord de la France. Comme à l’habitude, des Hollandais avaient eux aussi fait le déplacement.

La neige devrait tenir jusqu’à la fin de la semaine. En ce qui concerne le week-end prochain, c’est encore trop tôt pour le prédire. "On annonce un redoux pour la fin de la semaine. On ne sait donc pas encore si la neige tiendra jusqu’au week-end", conclut Alexandre Féchir.