La police alerte sur la surfacturation de ces appels.

Quasiment chaque jour, des escrocs en tous genres inventent de nouvelles méthodes pour hameçonner de potentielles victimes qui, sans méfiance, leur livreront leurs codes digipass ou d'autres données sensibles en vue de les dépouiller de, parfois, plusieurs milliers d'euros.

La dernière arnaque en vogue est celle dite du Pingcall. En très bref, des escrocs appellent au hasard des téléphones en raccrochant rapidement leur combiné, de manière à ce que la personne au bout du fil n'ait pas le temps de décrocher et constate juste un appel en absence. Un stratagème souvent répété à quelques reprises. Ce qui laissera penser à la personne contactée que l'appel est important ou urgent. Et qu'il faut rappeler rapidement. Sauf que les numéros de rappel sont souvent surtaxés. Et que l'on tombe souvent sur un message indiquant que l'interlocuteur est déjà en ligne et qu'il prendra l'appel rapidement. Les minutes défilent avant que finalement, la victime finisse par raccrocher. Ce n'est que quelques jours plus tard qu'elle se rendra compte, au moment de recevoir sa facture, que l'appel a été surfacturé.

La zone de police Nivelles-Genappe met en garde contre un nouveau procédé surfant sur ce stratagème. Ici, les auteurs appellent leur future victime en leur signalant que la date de leur rendez-vous médical prévu devait être modifiée. Et qu'elle doit rappeler un certain numéro de toute urgence. Un numéro, évidemment surtaxé...

Commissaire à la Computer Crime Unit, Olivier Bogaert appelle à la méfiance. L'an dernier, près de 30.000 plaintes pour escroquerie ont été déposées auprès de la police. Et une bonne partie concerne ces arnaques via Internet ou téléphone. Un chiffre qui n'est sans doute que la partie émergée de l'iceberg : une partie des personnes lésées ne dépose pas plainte en raison du faible montant perdu. "Concernant le Pingcall, certains ne se rendent compte de la surfacturation que quelques semaines plus tard", confie Olivier Bogaert. 

Selon le commissaire, de nombreuses personnes dispersent une flopée d'informations personnelles - dont leur numéro de GSM - sur Internet. Via les réseaux sociaux notamment mais également certains sites internet ou applications smartphone mal protégés et qui sont victimes de fuites de données. "Il arrive aussi que des personnes mal intentionnées récupèrent votre numéro de téléphone après avoir infiltré le répertoire téléphonique de l'un de vos amis avec un logiciel espion."

Reste que récupérer son argent après avoir été "pingcallé" peut s'avérer parfois très compliqué, voire impossible. "Un dossier n'est pas l'autre, confie Olivier Bogaert. Cela dépend des contrats. Mais il semble difficilement concevable de se retourner vers votre opérateur téléphonique pour exiger un remboursement si vous avez vous même rappeler le numéro surtaxé ou donner des informations personnelles à votre interlocuteur."