Le créateur du groupe Facebook, visant à localiser l’ex-complice de Dutroux, se voit tel un “Punisher”.

L’homme se présentait sous le pseudo très évocateur “Jo Ker”. Au lendemain de la sortie de prison de Michel Lelièvre, il y a trois mois, il avait créé un groupe Facebook “Traque de Michel Lelièvre dans Bruxelles”, qui avait rassemblé 700 personnes.

Pour expliquer sa démarche, il nous renvoyait à l’univers de Marvel et au personnage” Punisher”. Qui incarne l’esprit de vengeance et de justice personnelles. “C’est la loi du talion que je veux appliquer. Œil pour œil, dent pour dent “, nous dévoilait-il dans la DH du 21 décembre.

Ce lundi, “Jo Ker”, dont les vraies initiales sont S.V., a été interpellé à Bruxelles. L’individu âgé de 32 ans devra répondre de provocation à commettre des crimes ou des délits, de menaces, de harcèlement et de harcèlement au moyen de télécommunications.

Il a été interpellé dans le cadre d’une information judiciaire ouverte depuis le 26 décembre dernier concernant ces appels à s’en prendre à Michel Lelièvre via les réseaux sociaux.

Le traqueur devenait ainsi traqué…

L’individu s’est présenté au commissariat de police de Waterloo lundi matin, après avoir appris que la police s’était présentée chez lui”, a expliqué Denis Goeman, porte-parole du parquet de Bruxelles. “Il a été privé de liberté et mis à disposition du parquet. Après avoir été auditionné, il a été renvoyé devant le tribunal correctionnel le 3 avril prochain en procédure accélérée. Il est bien entendu présumé innocent.

Selon le parquet, S.V. est déjà connu des services de police pour des faits de roulage et de port d’arme prohibée.

Aujourd’hui, le suspect ne conteste en tout cas pas avoir été à l’origine de la création de ce groupe Facebook incitant à s’en prendre violemment à Michel Lelièvre.

Le but était de faire appel à la communauté pour parvenir à localiser son logement. Histoire de le faire bien ch… “, nous disait aussi “Jo Ker”.

Mais il y a deux mois, il réfutait toutefois l’accusation selon laquelle il incitait ainsi à la violence. “Chacun est libre de faire ce qu’il veut”, nous affirmait-il. “Cela dit, si j’avais eu connaissance de son adresse, j’aurais été prêt à partir pour lui faire son affaire. Je n’ai pas de famille. Je n’ai rien à perdre. Et je sais que, via mon profil Facebook, la police peut facilement me retrouver.

Et de fait…

Pourquoi s’en prenait-il à Michel Lelièvre, plus particulièrement ? “Jo Ker” admettait que ce dernier n’était peut-être pas le pire des criminels aujourd’hui sorti de prison. “Mais l’affaire Dutroux, c’est symbolique. C’est l’affaire la plus médiatisée. Et dans cette affaire Michelle Martin, également libérée, a eu un rôle plus passif. Michel Lelièvre n’est peut-être pas un pédophile. Mais lui, il a été un coauteur.

Parallèlement à cette information judiciaire, une instruction judiciaire est également toujours en cours concernant l’agression physique dont a fait l’objet Michel Lelièvre le 18 décembre dernier, devant son nouveau domicile à Anderlecht.

La veille, ses agresseurs avaient déjà vandalisé son appartement.